Attaque à Nice : "Il faut qu'on reste debout" et "qu'on se serre les coudes", selon l'Association française de victimes de terrorisme

Pour Guillaume Denoix de Saint Marc, porte-parole et directeur de l'Association française des victimes de terrorisme, la solidarité est de mise après la mort de trois personnes à Nice dans une attaque au couteau. 

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Radio France
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Une femme adossée à une voiture de police après l'attaque au couteau de Nice, le 29 octobre 2020. (VALERY HACHE / AFP)

"Il faut qu'on reste solidaire, il faut qu'on reste debout", a déclaré sur franceinfo jeudi 29 octobre Guillaume Denoix de Saint Marc, porte-parole et directeur général de l’Association française des victimes de terrorisme, alors que trois personnes ont été tuées à Nice dans une attaque au couteau. "Le but des terroristes c'est de nous faire peur, c'est de faire monter l'angoisse, donc il faut arriver à la maîtriser", estime-t-il.

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franceinfo : Quelles pensées vous ont traversé ce matin en apprenant que le terrorisme avait encore frappé ?

Guillaume Denoix de Saint-Marc : J'ai d'abord un énorme élan de solidarité pour les familles de ces trois personnes tuées. Je pense à toutes les victimes en général. À chaque fois ça ravive les blessures. Et en même temps il faut qu'on reste solidaires, il faut qu'on reste debout, puisque le but des terroristes c'est de nous faire peur, c'est de faire monter l'angoisse, donc il faut arriver à la maîtriser. Il faut continuer notre travail, d'une part d'accompagnement des victimes, et d'autre part de prévention de la radicalisation partout où l'on peut. Notre association est très présente sur ce créneau-là. Nous avons besoin de fraternité, mais sans naïveté. En face, il y a des personnes qui veulent faire tomber nos valeurs.

Le maire de Nice, Christian Estrosi parle, à propos de cette attaque, d'islamo-fascisme. Que vous évoque ce terme ?

Je comprends le mot, même si je n'aurais pas utilisé le même. On est devant une idéologie qu'on n'a pas voulu nommer, on tourne autour et il faut absolument qu'on puisse se rendre compte qu'effectivement il y a une forme de fascisme derrière ceux qui essayent de faire tomber la République, que ce soit par la ruse ou par les armes. Cela fait plusieurs jours que je m'attendais à des réactions après la mort de Samuel Paty. Il va falloir qu'on se serre les coudes, il va falloir qu'on tienne parce que le moment est important, le moment est grave.

Qu'est-ce qu'il manque, qu'est-ce qu'il est urgent de faire aujourd'hui ?

Malheureusement, le travail à faire est un travail de très long terme. Un travail de sécurité, de justice, alors qu'on voit aujourd'hui qu'il y a une certaine pesanteur dans la justice. Il faut démultiplier tout le travail que faisait Samuel Paty et que nous essayons de faire dans les lycées et les écoles. Il faut apaiser la société, aborder les sujets qui étaient tabous. On refusait de parler de terrorisme à l'école il y a encore quelques années. Il est essentiel d'aborder le sujet, mais pas de façon anxiogène, de façon construite, apaisée. Il faut qu'on puisse écouter les autres, échanger, ne pas être dans des postures d'insulte, de rejet et de haine.

Que vous inspire cette menace qui pèse sur les lieux de cultes ?

Oui, c'est une crainte et on s'approche de fêtes religieuses chrétiennes. Ça a toujours été une crainte, mais jusqu'ici nous avions l'impression malheureusement que c'était surtout les juifs qui étaient visés. Maintenant on sait que les musulmans, tous les imams progressistes qui défendent les valeurs de la République sont aussi visés. Ils l'étaient déjà, mais là ils sortent du bois et donc il faut absolument les protéger. Et bien sûr les lieux de culte chrétiens, mais ce n'est pas nouveau puisqu'on a eu le père Hamel en 2016. Mais là ça revient encore plus fort et je dirais que la situation internationale, avec un certain nombre de chefs d'État qui soufflent sur les braises, ne facilitent vraiment pas les choses.

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