Attentats du 13-Novembre : pour Daniel Psenny, "le souvenir est permanent"

Un an après, franceinfo donne la parole aux victimes et témoins du 13-Novembre. Daniel Psenny, journaliste au "Monde", a été blessé alors qu'il tentait de secourir une victime du Bataclan.

Daniel Psenny, journaliste au \"Monde\", a été blessé à proximité du Bataclan, le 13 novembre 2015. 
Daniel Psenny, journaliste au "Monde", a été blessé à proximité du Bataclan, le 13 novembre 2015.  (FRANCE 2)

Le 13 novembre 2015 avait lieu la tuerie du Bataclan. Daniel Psenny, journaliste au Monde, fait partie des victimes. Invité de franceinfo vendredi 11 novembre, il raconte comment il a été blessé, mais aussi comment il vit depuis cette soirée.

"Un an après, on se sent un petit mieux. Il y a douleur physique qui est toujours là. Les soins continuent, il y a des séquelles. Et puis il y a une reconstruction personnelle, morale. Qui fait qu'il faut aller de l'avant", raconte le journaliste.

Le souvenir des attentats est "permanent". "Même si on a repris une vie quasi normale, il y a un avant et un après 13-Novembre." Les jours et les semaines qui ont suivi, le traumatisme est là. "Les sirènes, le bruit, ça se répercute, ça résonne beaucoup... Et puis petit à petit, ça s'atténue." Commence alors, raconte Daniel Psenny, "une réflexion sur soi-même. Essayer d'être plus attentif, plus tranquille, de prendre de la distance avec tout ce qu'il se passe... C'est ça, peut-être, le plus difficile."

13-Novembre, un an après : le témoignage du journaliste Daniel Psenny
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"J'étais au bon moment au bon endroit, comme on dit..."

Le journaliste n'était pas à l'intérieur du Bataclan. Il habite tout près de la salle de spectacle, à Paris. Le 13 novembre au soir, il entend les tirs et se penche à sa fenêtre. "Là, ce qu'on voit, c'est la terreur, les cris, la peur, des gens qui tombent, des gens par terre. Et puis les coups de feu, que j'avais pris pour des pétards. On est saisi par l'effroi." 

Daniel Psenny filme alors, avec son téléphone, "par réflexe journalistique". "J'étais au bon moment au bon endroit, comme on dit. J'ai décidé de filmer, pour avoir un témoignage, une dizaine de minutes, en plan fixe." 

"J'ai ressenti une très grosse brûlure. On venait de me tirer dessus"

A un moment, les tirs cessent, Daniel Psenny décide de descendre. Il ouvre une porte de son immeuble, puis sort. A une dizaine de mètres de là qu'il tombe sur un homme à terre. "Il était vivant et, avec un autre homme, on l'a tiré pour le mettre à l'abri." C'est à ce moment-là que Daniel Psenny se prend une balle dans le bras. "Au moment de refermer la porte [de l'immeuble] j'ai jeté un coup d'œil dans la rue et c'est en faisant dépasser mon épaule que j'ai ressenti une très grosse brûlure dans le bras. On venait de me tirer dessus."

Le journaliste sera secouru quelques heures plus tard, avant d'être conduit à l'hôpital.