13-Novembre : Max, le speaker du Stade de France, a dû trouver le ton juste pour "calmer" et "rassurer" 80 000 spectateurs

Un an après, franceinfo donne la parole aux victimes et témoins du 13-Novembre. Max est le speaker du Stade de France. Le 13 novembre 2015, il était au micro.

Max, speaker du Stade de France. 
Max, speaker du Stade de France.  (DR)

C’était il y a un an, le 13 novembre 2015, la pire tragédie qu'ait connue la France depuis la Seconde Guerre mondiale. Des attentats revendiqués par le groupe Etat Islamique éclatent en plein cœur de la capitale. Une série de fusillades et d'attaques meurtrières à Paris et à Saint-Denis. Notre reporter Mathilde Lemaire a rencontré Max, le speaker du Stade de France. 

C'est au Stade de France, à Saint-Denis, que la terrible série d'attentats a débuté le vendredi 13 novembre 2015. Ce soir-là, l'équipe de France de football reçoit l'Allemagne,  80 000 spectateurs sont présents et François Hollande est en tribune. C’est une rencontre amicale dans une ambiance bon enfant. Le match est animé par le speaker habituel des Bleus, l’ancien animateur radio connu sous le nom de Max.

21h17, la première explosion

Max se trouve sur le bord du terrain, il anime l'avant-match, donne la composition des équipes et regarde les Bleus se faire des passes. A 21h17, précisément, une explosion se fait entendre. Les supporters et les joueurs s'interrogent. Est-ce un gros pétard ? Puis une deuxième explosion, plus lointaine, retentit. Max le speaker, comme tout le monde dans le stade, commence à recevoir des SMS : "J’avais eu vent par des textos d’amis qu’il se passait des choses graves, au Bataclan, sur les terrasses et autour du stade. Ma femme m'a appelé et m'a dit de rentrer. Mais je me sentais en sécurité, je ne sentais pas la panique."

Au coup de sifflet final, un message pour rassurer 

A la mi-temps, François Hollande quitte le stade. Un hélicoptère survole la zone. Vingt minutes avant le coup de sifflet final, une tribune se vide, mais les sorties sont verrouillées, chacun revient à sa place. Dans ces moments de fébrilité, un responsable de la Fédération française de football vient voir Max et lui tend un message, quatre lignes qu'il devra lire et répéter à la fin de la rencontre. La victoire des Bleus à ce moment-là lui semble tellement décalée, presque dérisoire :"Quand j’annonce le score, les joueurs restent sur la pelouse. Ils ne sont pas au courant de ce qu’il s’est passé. J’essaye d’animer ce moment et c’est très étrange", se souvient Max. 

J'ai dû délivrer un message et tenter de rassurer les supportersMax

Le message demande à tout le monde d'évacuer le stade, par certaines portes. Et assure que la sécurité dans le quartier et dans les transports est assurée.

L'évacuation débute normalement, jusqu'à un mouvement de panique. "Il a été dit qu’une personne était en train de rentrer dans le stade avec une Kalachnikov, les gens n'ont pas cherché à comprendre si c’était vrai ou pas", se souvient Max. Un mouvement de panique se déclenche, 6 000 supporters envahissent la pelouse : "Et là, c’est l’improvisation, on me dit de calmer les gens, les rassurer... On a aussi donné des bouteilles d’eau à tout le monde, puis on a évacué les gens au compte-goutte, jusqu’à 3 heures du matin"

Max le speaker du Stade de France se confie à Mathilde Lemaire
--'--
--'--

Les jours d'après, les images reviennent en mémoire  

Max se dit satisfait d'avoir réussi à employer un ton rassurant ce soir-là. Les jours suivants, la vie a repris de façon ordinaire, même s'il a repensé souvent à cette soirée, notamment la première fois qu'il est retourné au Stade de France en mars : "C’était une appréhension pour tout le monde, on avait encore le parfum et les odeurs de ce qui s’est passé. Ça n’a fait que renforcer le fait qu’il fallait être extrêmement vigilant, qu’il peut arriver tout et n’importe quoi..."

Je n'ai pas été traumatisé... Mais je n’ai pas vécu ce qu’on vécu, malheureusement, les gens au Bataclan et sur les terrasses de café.Max

Max assure l'animation de France-Suède, vendredi 11 novembre au Stade de France. Et même si le sport l'emportera encore une fois, le terrible souvenir du 13-Novembre, le speaker en est certain sera dans toutes les têtes.