13-Novembre : "C’est un procès très particulier parce qu’il touche chaque Français", affirme le procureur national antiterroriste

Ce procès compte 1 800 parties civiles et 300 avocats. Une salle a été construite spécialement pour l'accueillir.

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Façade de la mythique salle du Bataclan, dans le XIe arrondissement parisien.  (AMAURY CORNU / HANS LUCAS / AFP)

"C’est un procès très particulier parce qu’il touche chaque Français", a affirmé lundi 6 septembre sur France Inter, Jean-François Ricard, le procureur national antiterroriste alors que le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’ouvre mercredi 8 septembre à Paris. Il s'agit d'une audience hors norme avec un dossier d’instruction d’un million de pages, 1 800 parties civiles, 300 avocats et une salle spéciale construite pour l’occasion.

"C’est un défi d’organisation", a souligné Jean-François Ricard. "Il ne faut surtout pas oublier que c’est une somme incommensurable de souffrances qui perdurent toujours. Des centaines de victimes vivent chaque jour avec ces souffrances. Ce sera un moment extrêmement fort. C'est un procès très particulier, parce qu'il touche chaque Français."

Chaque Français savait qu'il pouvait, ce soir-là, avec des amis, boire un verre à une terrasse. Il pouvait se rendre à un match, il pouvait aller à un concert.

Jean-François Ricard, procureur national antiterroriste

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Ce procès sera aussi celui de "l’émotion" selon le procureur national antiterroriste : "On ne met jamais totalement l’émotion de côté, mais il faut revenir à notre métier, tout simplement. Porter le droit, porter l'accusation, dire la vérité, dire le dossier au plus près. Parce que n'oublions pas, cela restera malgré tout un procès comme tous les autres, c'est-à-dire d'abord pour juger des accusés pour lesquels il y a des charges."

Le principal accusé est Salah Abdeslam, le seul survivant du commando du 13 novembre, qui avait jeté sa ceinture d'explosifs au dernier moment. Le terroriste présumé est resté jusqu’à présent silencieux et selon Jean-François Ricard il ne faut pas attendre grand-chose de lui : "D’expérience, je n'ai jamais vu un seul terroriste s'expliquer complètement devant une cour d'assises. Soit ils se taisent, soit ils utilisent des arguments dilatoires, soit ils se contentent de prononcer des paroles de principe, de revendication. J’ai toujours trouvé ça décevant."

20 personnes sur le banc des accusés dont 14 présentes au procès

"Il faut juger [Salah Abdelslam] comme un justiciable", a incité Jean-François Ricard. "Il va être jugé par un État de droit qui va utiliser les armes du droit. Cela lui permettra de s'expliquer, s'il le souhaite, d'utiliser toutes les voies de droit qu’il souhaite, de se voir représenter, d'avoir une défense active et in fine, d'être jugé conformément à la loi." Mais Salah Abdelslam ne sera pas seul sur le banc des accusés. Au total vingt personnes ont été renvoyées devant les assises, dont quatorze seront présentes au procès. "Différentes personnes sont renvoyées de différentes qualifications, certains comme des complices qui sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste. D'autres sont liés d'un peu plus loin et sont renvoyés uniquement du chef d'association de malfaiteurs terroriste."

Les victimes quant à elles "attendent traditionnellement deux choses", selon Jean-François Ricard. "D'abord, pouvoir s’exprimer. Elles y arrivent pour beaucoup d'entre elles. Et puis, elles vont vouloir aussi comprendre, parce que c'est un procès qui aura cette finalité : permettre de s'approcher au plus près de la vérité."

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