Procès du 13-Novembre : "L'humanité de Salah Abdeslam est bien apparue tout au long de cette audience", estime le père d'une victime des attentats

L'ambiguité du seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre restera, "cette oscillation entre le soldat de l'État islamique et le 'petit gars de Molenbeek'", conlut Philippe Duperron, président de l’Association 13onze15 Fraternité et Vérité.

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Philippe Duperron, président de l’association 13onze15 Fraternité-Vérité et père de Thomas, tué au Bataclan en 2015, lundi 23 mai 2022 sur franceinfo.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

"Il n'est pas contestable que Salah Abdeslam est un homme", estime le président de l’Association 13onze15 Fraternité et Vérité et père d’une victime du Bataclan Philippe Duperron samedi 25 juin sur franceinfo. Les plaidoiries des avocats se sont terminées vendredi devant la Cour d'assises spécialement composée pour juger les attentats du 13-Novembre. La défense de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos a plaidé pour lui éviter la prison à vie. Le Parquet national antiterroriste a requis la réclusion criminelle à perpétuité incompressible.

franceinfo : Quel regard portez-vous sur Salah Abdeslam après les plaidoiries de ses avocats ?

Philippe Duperron : Le regard que nous portons sur cet homme, c'est le regard que nous portons sur un homme.

"Il n'est pas contestable que Salah Abdeslam est un homme et qu'il a commis ce qu'il a commis en tant qu'homme."

Philippe Duperron, président de l’Association 13onze15 Fraternité et Vérité

à franceinfo

Il est vrai que son humanité, c'est-à-dire cette ambiguïté qu'il y a dans le personnage, est bien apparue tout au long de cette audience. Elle a aussi remarquablement été mise en évidence et en lumière par les deux experts psychiatres. C'est vrai qu'il y a cette oscillation entre le soldat de l'État islamique et le 'petit gars de Molenbeek', puisque c'est comme ça que termine le rapport d'expertise. La question se pose évidemment, et la question demeure.

Vous avez dit faire "une totale confiance à la justice". Si la perpétuité incompressible n'est pas prononcée, vous ne réagirez pas différemment ?

En ce qui concerne l'association, non. Nous considérons que la peine, c'est une décision qui appartient à la Cour. Parmi nos adhérents, certains seront évidemment frustrés. Certains seront très en colère si cette peine de la perpétuité incompressible n'est pas prononcée. D'autres au contraire considérerons que c'est très bien comme ça. Il ne faut pas céder à la voix de la rue et à la voix du peuple, c'est à la Cour qu'appartient cette décision.

Si jamais il y avait un appel interjeté, vous iriez sans problème ?

Il ne fait pas de doute, de mon point de vue, qu'il y aura un appel. Sur 14 accusés dans le box, inévitablement l'un au moins ne sera pas satisfait de la peine qui lui sera infligée. Nous irons au procès en appel comme nous sommes allés au procès en première instance, mais ça ne sera jamais le même procès et ça ne sera jamais la même chose. Il n'y aura pas du tout la même intensité. Qu'est ce qui sera jugé en appel ? Il sera jugé seulement la question de la peine. Alors qu'au cours de cette première instance, il y avait toute cette douleur. Tous les témoignages qui ont été portés et la douleur, non seulement de ceux qui ont perdu un proche comme c'est mon cas, mais la douleur de ceux qui ont vécu les événements sur le terrain, au Bataclan. Ce ne sera jamais la même chose en appel, c'est une évidence.

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