Perpétuité incompressible pour Salah Abdeslam : qui sont les quatre autres condamnés à cette peine rarissime en France ?

Le principal accusé du procès des attentats du 13 novembre 2015 a été condamné à la "perpétuité réelle", la plus lourde peine du droit français. Avant ce verdict, ils n'étaient que quatre accusés en France à avoir été condamnés à cette peine incompressible.

Article rédigé par
Antoine Deiana - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Salah Abdeslam, principal accusé du procès des attentats du 13-Novembre, le 30 mars 2022. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Point final d'un procès hors-norme. La cour d'assises spéciale de Paris a prononcé mercredi contre les vingt accusés du procès des attentats du 13 novembre 2015 des peines de deux ans d'emprisonnement à la perpétuité, dont une peine rarissime de perpétuité incompressible contre le principal d'entre eux, Salah Abdeslam. 

>> Procès des attentats du 13-Novembre : qu'est-ce que la perpétuité incompressible, requise contre Salah Abdeslam ?

Le Français de 32 ans, le seul membre encore en vie des commandos qui ont fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible. "Face à des actes qui dépassent tout ce qu'on peut imaginer, il faut répondre par la justice, par le droit, et c'est exactement ce que ce procès a démontré", a déclaré Jean-François Ricard, procureur de la République antiterroriste, ce jeudi sur franceinfo, au lendemain du verdict au procès des attentats du 13-Novembre. Concernant Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible, "la sanction est juste", a-t-il estimé sur franceinfo. 

La cour a suivi les réquisitions du parquet national antiterroriste qui avait réclamé cette sanction rarissime qui rend infime toute possibilité de libération. Elle n'avait jusque là été prononcée que quatre fois. Dans les faits, cette peine aussi appelée "perpétuité réelle" a été introduite récemment dans le droit français, en 1994.

Ainsi, avant ce verdict, seuls quatre procès s'étaient conclus sur ces condamnations très lourdes, montrant ainsi à quel point les jurys populaires hésitent avant de prononcer cette peine maximale.

De façon chronologique, Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", jugé en 2007, notamment pour trois meurtres, deux viols et deux enlèvements, dont ceux d'une enfant de 10 ans, a été le premier condamné à cette peine incompressible. Vient ensuite Michel Fourniret, le tueur en série, deuxième condamné de l'histoire à cette peine, en 2008, pour les meurtres de sept femmes. Il est en mort en prison, en 2020. 

Enfin, Nicolas Blondiau et Yannick Luende Bothelo, condamnés en 2013 et 2016 pour, à chaque fois, des meurtres d'enfants : Océane, âgée de 8 ans, en 2011 et Marion, 14 ans, à Bouguenais, près de Nantes, en 2012. 

Une possibilité théorique de sortie

Théoriquement, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, c'est la prison à vie, sans espoir d'en sortir. Mais en France, le principe c’est que n’importe quel détenu doit conserver un espoir de sortir de prison un jour, même s’il est mince. C’est aussi garanti par la Convention européenne des Droits de l’Homme.

En pratique, le Code pénal prévoit donc qu'au bout de trente ans de prison, le condamné peut demander une révision de la peine qui pourrait lui être accordée à titre exceptionnelle par un juge d'application des peines. 

Mais contrairement aux autres détenus, ceux condamnés à la perpétuité réelle doivent, en plus, être reçus par des experts qui évaluent leur degré de dangerosité, avant que cinq magistrats de la Cour de cassation décident s'ils mettent fin ou non au caractère incompressible de leur peine. 

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