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Au procès de Jawad Bendaoud, les larmes des victimes du 13 novembre et des déplacés de Saint-Denis

La journée de mardi était consacrée à l'audition des parties civiles. Les victimes des attentats, comme les voisins malheureux de l'appartement loué par Jawad aux terroristes, ont témoigné de leur souffrance.

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Le procès de Jawad Bendaoud, croqué par un dessinateur judiciaire, le 24 janvier 2018. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

L'atmosphère s'est alourdie. Le procès de Jawad Bendaoud, marqué jusqu'à présent par les saillies du prévenu déclenchant des rires, a brutalement changé de registre, mardi 30 janvier, avec les larmes des victimes du 13 novembre 2015 et des propriétaires de l'immeuble où s'étaient retranchés des jihadistes. Plus de 500 personnes se sont constituées parties civiles dans ce procès.

Parmi elles, Iordanka, dont le fils de 37 ans a été "abattu de sept balles" le soir du 13 novembre. "Chaque fois que je parle de mon fils, j'ai les larmes qui coulent", a commencé Iordanka. Son témoignage a également fait pleurer Jawad Bendaoud, qui avait logé deux des jihadistes dans un appartement à Saint-Denis, et Mohamed Soumah. Tous deux sont poursuivis pour "recel de malfaiteurs terroristes".

"Il a transformé le tribunal en théâtre de boulevard"

"C'est pas eux qui ont tué mon fils mais ils ont plus ou moins contribué. (...) J'attends que ces trois personnes soient jugées sévèrement", a-t-elle dit au tribunal. A côté de Jawad Bendaoud et de Mohamed Soumah, Youssef Aït Boulahcen est jugé pour "non-dénonciation de crime terroriste". "J'étais outré lors des débats par les rires", a déclaré Patrick, le père de Nathalie, décédée au Bataclan où elle travaillait. "Bendaoud a réussi à transformer le tribunal en théâtre de boulevard", a déploré ce père. "Ces énergumènes n'ont ni foi ni loi".

Puis les victimes du 48, rue de la République, à Saint-Denis, ont commencé à expliquer leur situation depuis l'assaut du Raid, le 18 novembre 2015. C'est là que deux des jihadistes avaient trouvé une planque, logés dans un squat de Jawad Bendaoud. Ce dernier s'était approprié l'appartement, après le départ d'un locataire, en septembre 2015, a témoigné le vrai propriétaire des lieux.

Des vies détruites pour 150 euros

Après l'assaut, l'immeuble a été fermé. Les habitants ne peuvent plus y accéder. Beaucoup sont toujours logés dans des foyers d'accueil et n'ont pas été indemnisés. Les propriétaires continuent même de payer des charges. "Nous n'avons rien reçu des assurances: le risque n'est pas couvert car l'assaut est considéré comme une perquisition de police", a expliqué Salima, une propriétaire en larmes. Le caractère terroriste n'a pas été retenu. Elle parle de frais s'élevant à 150 000 euros.

Les prévenus "doivent au moins prendre conscience qu'ils ont une responsabilité. (...) Il y a une porosité évidente entre la délinquance et le terrorisme et cela, nous l'avons subi", a-t-elle encore dit. "Nous sommes les malheureux co-propriétaires de cet ensemble d'immeuble. Ce n'était pas Versailles, mais ce n'était pas un taudis non plus", a lancé un autre propriétaire.Le procès, qui devait durer jusqu'au 14 février, devrait finalement se terminer dans le courant de la semaine du 5 février.

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