"Ils sont où les Ricains ?", "on veut un négociateur" : de nouveaux éléments révélés sur l'attaque du Bataclan

Un mois et demi après les attentats de Paris, "Le Figaro" dévoile des détails sur la prise d'otages meurtrière au Bataclan.

La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015.
La façade du Bataclan Café, situé à côté de la salle de concert parisienne visée par des attaques le 13 novembre 2015. (MAXPPP)

Les témoignages des survivants ont donné de nouveaux éléments sur le déroulé de la prise d'otages meurtrière du Bataclan. Dans son édition du lundi 28 novembre, Le Figaro (article payant) révèle certains des propos tenus par les terroristes aux hommes du Raid, en s'appuyant sur le contenu des auditions des survivants, menées par la sous-direction antiterroriste, la brigade criminelle de Paris et la Direction générale de la sécurité intérieure.

Des otages utilisés comme boucliers humains

D'après le quotidien, les trois terroristes – Ismaël Omar Mostefaï, Foued Mohamed-Aggad et Samy Amimour – auraient placé plusieurs otages devant les fenêtres et les portes de la salle de spectacle, en guise de boucliers humains.

Les jihadistes se seraient ensuite emparés des téléphones portables des victimes pour tenter de se connecter, en vain, sur internet et pour contacter les forces de l'ordre pour des négociations. "On voit des lasers rouges, on vous entend derrière la porte, auraient lancé les terroristes aux forces d'intervention. On veut un négociateur, je veux savoir avec qui je parle."

"On fait ce que vous faites en Syrie"

D'autres échanges révèlent que le concert des Eagles of Death Metal n'était pas visé par hasard. "Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains ? C'est un groupe américain, avec les Américains, vous bombardez, donc on s'en prend aux Américains et à vous", aurait affirmé un des terroristes.

"C'est pour nos frères d'Irak et de Syrie. Vous avez fait du mal à nos frères, vous avez bombardé la Syrie, on fait ce que vous faites en Syrie, aurait déclaré un des membres du commando meurtrier. Nous, on n'est pas en Syrie, mais on agit ici." Après avoir abattu plusieurs otages, un des terroristes serait allé jouer du xylophone "avec un rire sadique", selon une rescapée.