Attentats de Paris : ce que l'on sait de Foued Mohamed-Aggad, le troisième kamikaze du Bataclan

Le jihadiste, âgé de 23 ans et originaire du Bas-Rhin, faisait l'objet d'une fiche S. Il était parti en Syrie en 2013.

Des passants rendent hommage aux victimes de l\'attentat au Bataclan, à Paris, le 29 novembre 2015.
Des passants rendent hommage aux victimes de l'attentat au Bataclan, à Paris, le 29 novembre 2015. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Il est le troisième homme à avoir pris part à l'attaque du Bataclan. Le kamikaze qui a participé aux attentats du 13 novembre aux côtés de Sammy Aminour et d'Ismaël Omar Mostefaï a été identifié, indique à France 2 une source proche de l'enquête, mercredi 9 décembre. Francetv info revient sur ce que l'on sait de cet assaillant, nommé Foued Mohamed-Aggad.

Il faisait l'objet d'une fiche S

Foued Mohamed-Aggad, âgé de 23 ans, était originaire de Wissembourg (Bas-Rhin), une commune de 9 000 habitants située à 60 kilomètres de Strasbourg.

Selon les informations de France 2, il faisait l'objet d'une fiche S. Selon Le Parisien, qui diffuse sa photo, la police n'avait en revanche jamais entendu parler de lui. A l'exception du moment ou Foued Mohamed Agaad a voulu rejoindre ses rangs et tenté, sans succès, d'en passer le concours d'entrée.

Il était parti en Syrie avec son frère en 2013

Le frère aîné de Foued Mohamed-Aggad, Karim, "est actuellement détenu [en France] après son passage en Syrie", selon le Parisien. Les deux frères, issus d'une fratrie de quatre enfants, avaient rejoint le pays fin 2013, en compagnie de huit autres amis. Ces derniers venaient du quartier sensible de la Meinau, à Strasbourg, rapporte Le Parisien.

Ces jihadistes avaient été recrutés par Mourad Fares, un des principaux rabatteurs de jihadistes français, notamment ceux partis de Lunel (Hérault). Ils avaient annoncé à leurs familles qu'ils se rendaient à Dubaï pour des vacances, mais avaient en réalité pris la direction de la Turquie. Ils auraient alors "rejoint un camp d'entraînement" en Syrie.

Deux de ces jihadistes, les frères Yassine et Mourad B., ont été tués en Syrie, selon Le Parisien. Sept autres, dont Karim, sont revenus en France entre février et mars 2014. Ils ont été arrêtés en mai, lors d'une intervention des équipes de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), du Raid et du Groupe d'intervention de la police nationale (GIPN) à Strasbourg. Foued Mohamed-Aggad, le seul à être resté en Syrie en 2014, est finalement revenu en France pour mourir "en martyr" à Paris, selon Le Parisien.

Sa mère a alerté les autorités

L'appartement de la mère de Foued Mohamed-Aggad, avec qui le terroriste était resté en contact, a été perquisitionné dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 décembre, selon BFMTV. C'est elle qui aurait alerté les autorités après avoir reçu un SMS de Syrie disant "Ton fils est mort en martyr avec ses frères le 13 novembre" a dévoilé l'avocate de la famille Françoise Cotta. "La mère de Foued Mohamed-Aggad a reçu ce message fin novembre. Elle m'a immédiatement alertée et nous avons pris contact avec la justice".

Saïd Mohamed-Aggad a, lui, appris "par les médias" que son fils avait été identifié comme le troisième kamikaze du Bataclan, mercredi 9 décembre. Le père du terroriste, qui s'est exprimé dans les colonnes du Parisien, pensait qu'il "mourrait en Syrie ou en Irak, pas qu'il reviendrait pour faire ça..."

"Quel être humain peut faire ce qu'il a fait ?, s'est interrogé Saïd Mohamed-Aggad, qui n'avait pas eu de contact avec son fils depuis quatre ou cinq mois. Si j'avais su qu'il commettrait un jour une chose comme ça, je l'aurais tué avant."

Il était identifié depuis deux semaines

Le troisième jihadiste du Bataclan a été identifié il y a près de quinze jours, indique un journaliste de France 2 sur Twitter. Son ADN avait été comparé avec celui de certains membres de sa famille, mais son identité a été tenue secrète pour ne pas perturber l'enquête.