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Attentats du 13 novembre : des familles veulent faire la lumière sur le rôle des militaires au Bataclan

L'avocat des familles des victimes du Bataclan a déposé un recours devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris pour demander des explications sur l'organisation de l'intervention, le soir de la tuerie, le 13 novembre 2015.

Article rédigé par franceinfo avec Reuters
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La salle du Bataclan est fermée, à Paris, le 22 décembre 2015, après les attentats de novembre. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Pourquoi les militaires de l'opération Sentinelle présents sur les lieux ne sont pas intervenus dès le début de l'attaque au Bataclan, le 13 novembre 2015, durant laquelle 130 personnes ont péri ? C'est la question qui hante certaines familles des victimes. Leur avocat, Gérard Chemla, a déposé un recours devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris pour demander des explications, a révélé BFMTV vendredi 16 septembre. Le mois dernier, l'avocat avait déjà fait une demande d'acte devant le juge d'instruction. Sa demande avait alors été rejetée. Ce recours est donc un appel.

"Nous demandons que les juges interrogent tous les primo-intervenants sur les lieux, ainsi que les militaires. Le but est de faire la lumière sur l'organisation de l'intervention. Et je ne vous parle pas de l'assaut final, mais bien du début de l'attaque", explique-t-il à franceinfo.

"Pourquoi des gens en armes ne sont-ils pas intervenus ?"

Les familles veulent comprendre la "désorganisation générale" qui a fait que les forces de l'ordre, à l'exception d'une petite équipe de la Brigade anticriminalité (BAC), ont mis trois heures pour intervenir, poursuit l'avocat interrogé par Reuters. "Les soldats n'ont pas eu l'autorisation d'intervenir alors que des personnes agonisaient. Pourquoi des gens en armes ne sont pas intervenus ?" ajoute-t-il.

Un représentant des commissaires de police avait révélé, en mars, devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats, que des militaires de Sentinelle, présents près du Bataclan, avaient refusé d'intervenir comme le leur demandait un policier arrivé sur les lieux. L'un d'eux avait même refusé de prêter son fusil d'assaut au policier, avait témoigné Jean-Luc Taltavull, secrétaire général adjoint du syndicat des commissaires.

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait justifié en juin devant la même commission d'enquête la passivité des militaires par le fait qu'ils n'avaient pas reçu d'ordre en ce sens du préfet de police. "Le prêt d'une arme est contraire à toutes les règles d'engagement. En outre, [ces militaires] ne sont pas formés aux interventions en présence d'otages", avait-il ajouté. 

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