Attentats de Paris : en quoi consiste le deuil national de trois jours décrété par François Hollande ?

Le président de la République a annoncé un deuil national de trois jours, au lendemain des attaques meurtrières qui ont fait au moins 129 morts et des centaines de blessés.

Les drapeaux français et européen sont mis en berne, à l\'Elysée, à Paris, le 14 novembre 2015.
Les drapeaux français et européen sont mis en berne, à l'Elysée, à Paris, le 14 novembre 2015. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

François Hollande a décrété trois jours de deuil national, au lendemain des attentats qui ont fait au moins 129 morts et 352 blessés, à Paris, vendredi. Selon le décret publié dimanche 15 novembre au Journal officiel (JO) numéro 0265, "les 15 novembre, 16 novembre et 17 novembre 2015 sont déclarés jours de deuil national en hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015".

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Comment est-il décidé ?

Le deuil national est une décision prise par décret, signé par le chef de l'Etat. Mais c'est le Premier ministre qui est chargé de l'exécuter, en signant une circulaire, elle aussi publiée au JO. "J'ai l'honneur de vous faire connaître que, conformément à un décret de ce jour du Président de la République, les dimanche 15 novembre, lundi 16 novembre et mardi 17 novembre 2015 seront jours de deuil national afin de rendre hommage aux victimes des attentats commis à Paris le 13 novembre 2015", écrit ainsi Manuel Valls, dans le texte publié dimanche.

Quelles sont les conséquences ? 

C'est la seule modalité un peu précise : les drapeaux sont mis en berne et hissés à mi-mât sur les édifices publics, pour toute la durée du deuil national. Mais "il n'existe pas de texte de loi précisant quand et comment on doit ou non mettre en berne le drapeau, pas plus que de codification du fait d’arborer un drapeau européen", explique Le Monde.

Dans la circulaire publiée au Journal officiel, il est précisé que "l'ensemble de nos concitoyens doit pouvoir se joindre à cet hommage", par conséquent, "les employeurs ont été invités à permettre à leurs salariés d'y participer". Pour le moment, il s'agit simplement d'autoriser une minute de silence, lundi 16 novembre, à midi. En effet, aucune cérémonie n'est prévue et les rassemblements sont, de toute façon, déconseillés, même si les appels à manifester se multiplient.

Est-ce une première en France ?

Oui, c'est la première fois en France qu'une période de deuil national s'étend sur trois jours. La dernière journée de deuil national remonte au 8 janvier, lendemain de l'attaque mortelle qui a visé le siège de Charlie Hebdo. Mais avant ce dernier drame national, les recours au dispositif étaient rares et la plupart du temps réservés aux jours suivant les décès de présidents de la République. C'est en 2001 que la donne a changé, après les attentats du 11-Septembre contre le World Trade Center.

Avant janvier donc, seulement cinq deuils nationaux avaient été décrétés sous la Ve République. Le 14 septembre 2001, trois jours après les attentats aux Etats-Unis. Le 11 janvier 1996, jour des obsèques de François Mitterrand. Le 6 avril 1974, quatre jours après la mort de Georges Pompidou. Et le tout premier de la Ve République, le 12 novembre 1970,  trois jours après la mort la mort de Charles de Gaulle.