L'avocat belge de Salah Abdeslam dresse le portrait d'un "petit con de Molenbeek"

"Libération" s'est entretenu avec Sven Mary, l'avocat du principal suspect emprisonné dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris et de Bruxelles. 

L\'avocat belge Sven Mary, qui défend Salah Abdeslam, devant le tribunal de Bruxelles, en Belgique, le 7 avril 2016. 
L'avocat belge Sven Mary, qui défend Salah Abdeslam, devant le tribunal de Bruxelles, en Belgique, le 7 avril 2016.  (YVES HERMAN / REUTERS)

Sven Mary connaît bien les criminels. Le pénaliste belge a défendu déjà des terroristes, des islamistes radicaux et un complice du meurtrier pédophile Marc Dutroux. Mais avec Salah Abdeslam, il a affaire à un tout autre type de client, explique-t-il à Libération, mardi 26 avril : "un petit con" qui, vraisemblablement, lui pourrit la vie. Agressé à plusieurs reprises, contraint de faire escorter ses filles par la police sur la route de l'école, l'avocat du suspect-clé des attentats de Paris a confié au quotidien français ce qu'il pensait de son client.

"Il a l’intelligence d’un cendrier vide"

Interrogé par Libération, l'avocat décrit Salah Abdeslam comme "un petit con de Molenbeek, issu de la petite criminalité". "Il a l’intelligence d’un cendrier vide, il est d’une abyssale vacuité", lâche encore Sven Mary, qui décrit un homme "qui croit vivre dans un jeu vidéo".

Il fustige également le manque d'instruction religieuse de ces jeunes islamistes, embrigadés sur internet, qui "ont réussi à rendre antipathique toute une religion". "Je lui ai demandé s’il avait lu le Coran, ce que j’ai fait, et il m’a répondu qu’il avait lu son interprétation sur internet", raconte l'avocat au quotidien. 

"Clairement, il ne me fait pas confiance"

L'avocat du jihadiste présumé déplore par ailleurs les fuites dans la presse après les premières auditions de Salah Abdeslam. Selon lui, son client a d'abord collaboré, avant de se taire. "Salah m’a dit que si ses auditions étaient dans la presse quelques heures après, il ne pouvait plus parler", explique Sven Mary à Libération. Il reproche ainsi à François Molins, le procureur de Paris, d'avoir dévoilé à la presse le contenu d'une audition de Salah Abdeslam menée en Belgique, rappelle le quotidien. "Clairement, il ne me fait pas confiance. Il faut du temps pour établir une relation de confiance", résume l'avocat belge.

"Ces gens ont commis des actes de guerre"

Enfin, cet entretien à Libération fait le point sur le sentiment de l'avocat quant à la qualification des crimes dont est accusé son client : "Ce n’est pas la cour d’assises de Paris qui devrait les juger, mais une cour pénale internationale, estime Sven Mary. Ces gens ont commis des actes de guerre."