Attentats de Paris : Bruxelles dénonce un "Belgium bashing" de la France

Dans un éditorial publié mardi, le rédacteur en chef de "La Libre Belgique" dénonce la "condescendance française".

Le Premier ministre belge, Charles Michel, s\'exprime lors d\'une conférence de presse, le 21 novembre 2015, à Bruxelles.
Le Premier ministre belge, Charles Michel, s'exprime lors d'une conférence de presse, le 21 novembre 2015, à Bruxelles. (FRANCOIS LENOIR / REUTERS)

Face aux critiques relayées dans la presse française, la Belgique riposte. Le quotidien La Libre Belgique dénonce, mardi 24 novembre, dans son éditorial, "le jeu dangereux de la presse française" concernant le traitement du volet belge de l'enquête sur les attaques du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Un petit jeu "minable", qui consisterait à "accabler les Belges de tous les maux".

La colère du journal semble particulièrement dirigée contre l'éditorialiste du Monde, qui a présenté "la sympathique Belgique" comme "une plaque tournante du jihadisme". Certes, plusieurs auteurs d'attentats sont passés par la Belgique, mais "d'autres n'ont jamais quitté l'Hexagone" ou "ont été radicalisés dans les prisons françaises", répond La Libre.

"Condescendance française"

Face au Monde, qui encourage les services français à "aider" la Belgique "à se protéger", le journal belge réagit en s'emportant contre "la condescendance française" qui "n'a pas de limites". "C’est sans doute oublier un peu vite que ce sont les renseignements des services belges et marocains qui ont permis de localiser la planque d’Abaaoud à Saint-Denis", écrit le quotidien bruxellois.

En critiquant abusivement la Belgique, "certains commentateurs sont tombés dans le piège tendu" par le groupe Etat islamique, qui veut "diviser, diviser, diviser", selon La Libre. Le journal estime que la France, loin d'être "un modèle du vivre ensemble et de l'intégration", ferait mieux de balayer devant sa porte et de s'interroger sur la montée du Front national. "Mais sans doute les responsables du FN ont-ils été formés en Belgique", conclut-il avec ironie.

L'ambassadeur de France convoqué

Selon un journaliste de RTL Belgique et de L'Echo, les autorités belges n'ont pas attendu cet éditorial de La Libre Belgique pour demander des explications à leurs homologues français. L'ambassadeur de France à Bruxelles a été invité, ce week-end, à arrondir les angles auprès du gouvernement belge.