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Tentative d'attentat sur les Champs-Élysées : ce que l'on sait de l'assaillant et de son arsenal

Cet homme de 31 ans a foncé sur un fourgon de gendarmerie avec sa voiture. Franceinfo fait le point sur le profil de l'assaillant, connu des services de renseignement, mais jamais condamné. 

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France Télévisions
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Des policiers déployés sur les Champs-Elysées, à Paris, le 19 juin 2017, après la tentative d'attaque contre un fourgon de gendarmerie.  (CITIZENSIDE / DAMIEN TROLARD / AFP)

Les forces de l'ordre à nouveau visées par une tentative d'attentat. Lundi 19 juin, un homme à bord d'une voiture a foncé sur un fourgon de gendarmerie, sur les Champs-Elysées, à Paris. Aucun blessé n'a été recensé chez les forces de l'ordre et parmi les passants, mais les policiers ont retrouvé deux armes de poing, une Kalachnikov, 9 000 munitions et une bonbonne de gaz dans la voiture. Il avait l'intention de la faire exploser, mais cela n'a pas fonctionné, a indiqué à franceinfo une source au sein de la gendarmerie. Le ministre de l'Intérieur a évoqué une "tentative d'attentat".

D'après les premières constatations des enquêteurs, l'homme est mort des suites de l'incendie de la voiture, et possiblement de l'explosion des munitions à bord du véhicule. Que sait-on du profil de l'assaillant ? Franceinfo fait le point sur son profil. 

Il avait 31 ans et était originaire de l'Essonne

Les enquêteurs ont retrouvé une pièce d'identité dans la voiture, en proie aux flammes, qui a foncé sur le fourgon de gendarmerie. Il s'agit de celle du conducteur : Adam Djaziri, un homme né en 1985 et de nationalité française.

D'après les informations de France 2, il a fait de nombreux allers-retours entre la France et la Turquie, officiellement, en tant que négociant en or. Selon L'Express, il aurait aussi exercé le métier d'artisan au Plessis-Pâté (Essonne). C'est dans cette commune que le domicile de ses parents a été perquisitionné. Au total, quatre personnes de sa famille ont été arrêtées et placées en garde à vue, a appris franceinfo auprès d'une source judiciaire. Il s'agit de son père, son frère, sa belle-sœur et de son ex-femme. Des voisins, cités par France 2, décrivent une famille "très religieuse".

Une lettre dans laquelle Adam Djaziri prête allégéance au chef du groupe Etat islamique a été retrouvée chez son beau-frère, a appris Audrey Goutard, de France 2, auprès d'une source proche de l'enquête. Il y évoque son "double-jeu", le fait qu'il utilisait son activité de tireur sportif pour accumuler un impressionnant stock d'armes.

Il était fiché S mais n'a pas été condamné

Adam Djaziri était dans le radar des services de renseignements depuis 2015. Il était fiché S - pour sûreté de l'Etat -, a appris franceinfo, et soupçonné d'appartenir à la "mouvance islamiste radicale".

Ces allers-retours entre la France et la Turquie, en tant que négociant en or, ont aussi attiré l'attention des services de renseignements. Les enquêteurs n'ont, pour le moment, trouvé aucune trace d'un séjour en zone irako-syrienne. Son casier judiciaire, lui, ne portait aucune mention, car il n'a jamais été condamné.

Convoqué à deux reprises par les services de renseignement, au printemps et hier, il ne s'était pas rendu aux rendez-vous.

Il a été surveillé par Interpol

Au début de l'année 2014, les autorités tunisiennes ont émis auprès d'Interpol une fiche d'attention concernant Adam Djaziri. Cette fiche précisait qu'il n'était pas nécessaire de l'interpeller pour ne pas éveiller ses soupçons. Selon nos informations, cette fiche Interpol n'était plus active.

Il avait une autorisation de détention d'armes

L'auteur de l'attaque détenait une autorisation de détention d'armes, a appris franceinfo, confirmant une information du Point (article payant). Ce permis, obtenu dans le cadre d'une inscription à un club de tir sportif, est valable pour plusieurs armes. Un important stock d’armes a d'ailleurs été découvert, lors de perquisitions menées à son domicile, a appris franceinfo auprès d'une source judiciaire. 

Mais cet homme pouvait-il détenir légalement des armes tout en étant fiché S ? Pour posséder des armes, un tireur sportif doit au préalable obtenir une autorisation préfectorale. "Les agents doivent s’assurer, d’une part, que le demandeur n’a pas été soumis à une hospitalisation d’office dans le département et que, d’autre part, il n’a jamais été condamné", explique Le Parisien. L'homme. remplissait bien ces deux conditions. Le quotidien note aussi que les agents chargés d’instruire ce type de dossier n’ont pas accès au Fichier des personnes recherchées dans lequel sont consignées les fiches S.

Il était en possession d'un véritable arsenal

En plus des deux armes de poing et du fusil de type Kalachnikov qu'il transportait, les enquêteurs ont retrouvé 9 000 munitions dans le véhicule. A son domicile, les policiers sont tombés sur un véritable arsenal : des barils de poudre, de nombreuses armes à feu et des détecteurs de mouvement. 

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