Seine-Saint-Denis : ce que l'on sait de la tentative de suicide par le feu d'une élève de 18 ans dans son lycée

Les faits se sont déroulés au lycée Georges-Clémenceau, à Villemomble, vers 15 heures. Grièvement brûlée, la lycéenne est en état d'urgence absolue.

La porte du lycée Georges Clémenceau, à Villemombre, en Seine-Saint-Denis, lundi 25 novembre 2019. 
La porte du lycée Georges Clémenceau, à Villemombre, en Seine-Saint-Denis, lundi 25 novembre 2019.  (DOMINIQUE FAGET / AFP)

"On a vu quelque chose en feu tomber. On n'a pas compris ce qui se passait" : les élèves sont sous le choc au lycée Georges-Clémenceau de Villemomble (Seine-Saint-Denis). Lundi 25 novembre, une jeune fille de 18 ans a tenté de s'immoler par le feu dans l'établissement, avant de se jeter du premier étage, devant plusieurs dizaines de témoins.

L'adolescente, scolarisée en classe de première, a été transportée à l'hôpital de Clamart (Hauts-de-Seine). Grièvement brûlée sur une grande partie du corps, notammant le buste, une partie du visage et les mains, la jeune fille se trouvait, lundi en fin d'après-midi, en état d'urgence absolue. Voici ce que l'on sait de ce drame. 

Que s'est-il passé ? 

Vers 15 heures, la lycéenne "s'est aspergée d'un produit inflammable dans le hall de l'établissement puis a mis le feu avant de rejoindre le premier étage et de se jeter dans l'atrium", rapporte l'académie de Créteil dans un communiqué. Un élève, interrogé par l'AFP, raconte avoir vu la victime tomber depuis le gymnase, où il assistait à un cours de sport : "Notre prof est sorti avec l'extincteur. Il y avait déjà deux profs qui s'occupaient d'elle. C'est allé très, très vite." Selon les pompiers de Paris, "deux surveillants ont réussi à éteindre" les flammes avant l'arrivée des secours.

Que sait-on de la victime ? 

La jeune fille de 18 ans est scolarisée en classe de première au lycée Georges-Clémenceau. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, elle "souffrait de troubles psychologiques et était suivie" par des professionnels. Des élèves de l'établissement ont assuré que ce n'était pas la première fois que cette jeune fille tentait de mettre fin à ses jours. D'après Le Monde, elle avait "exprimé des idées suicidaires", notamment sur les réseaux sociaux. 

Si "elle n'était pas connue comme posant problème", selon un enseignant cité par le quotidien, "les collègues savaient qu'elle n'était pas bien" et la lycéenne faisait l'objet d'une attention particulière au sein de l'établissement. BFM TV rapporte par ailleurs que la jeune fille avait été régulièrement absente au cours des dernières semaines. Enfin, selon le rectorat de Créteil, il n'y avait pas de signe de "dysfonctionnement familial".

Comment sont pris en charge les témoins ? 

"Ça s'est passé dans l'atrium, entre deux bâtiments. Il y a eu beaucoup de témoins", raconte un membre de l'équipe éducative du lycée Georges-Clémenceau, interrogé par l'AFP. Selon ce dernier, "l'alerte confinement" a été déclenchée "immédiatement" et les élèves ont été installés dans le gymnase, "où ils ont pu voir des psychologues". Le recteur Daniel Auverlot et le directeur académique se sont rendus sur place, tandis qu'une cellule d'écoute a été mise en place "auprès de la trentaine de personnels et d'élèves témoins", confirme l'académie de Créteil. Les élèves seront pris en charge mardi matin "pour un temps d'écoute" et la cellule psychologique sera maintenue "autant que de besoin", poursuit-elle.

Quelles sont les réactions ?

Sur Twitter, Valérie Pécresse,  la présidente (LR) de la région Ile-de-France, s'est dite "bouleversée" par cette tentative de suicide de la lycéenne. "Mes pensées vont à sa famille, à ses camarades et à l'ensemble de la communauté éducative", a-t-elle écrit.

Dans un communiqué du syndicat lycéen FIDL, cité par France Bleu, ce drame pose "de lourdes questions sur les dispositifs de suivi des élèves au sein des établissements scolaires et révèlent un réel manque de moyens au sein de l'Education nationale pour repérer et accompagner les élèves en situation de fragilité psychologique". Appelant le ministère à prendre "les mesures nécessaires afin de pallier à ce manque de moyens dans la médecine scolaire", le syndicat demande à être reçu aux côtés de "l'ensemble des acteurs pertinents" pour évoquer cette question.


Si vous avez besoin d'aide, si vous êtes inquiet ou si vous êtes confronté au suicide d'un membre de votre entourage, il existe des services d'écoute anonymes. La ligne Suicide écoute est joignable 24h/24 et 7jours/7 au 01 45 39 40 00. D'autres informations sont également disponibles sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé.