Retraités tués dans un accident causé par un gendarme en Isère : leurs enfants en appellent au ministre de la Justice

Ils veulent établir la responsabilité des quatre autres gendarmes qui avaient passé l'après-midi dans un restaurant à boire avec le responsable de l'accident. 

Geneviève et Florencio Duron, les deux victimes tuées par le gendarme, qui roulait ivre et trop vite, le 26 février.
Geneviève et Florencio Duron, les deux victimes tuées par le gendarme, qui roulait ivre et trop vite, le 26 février. (Famille Duron / FRANCE BLEU ISERE)

Les enfants d'un couple de retraités mort dans un accident de la route provoqué mardi dernier par un gendarme qui conduisait en état d'ébriété à Bourgoin-Jallieu en Isère, en appellent au ministre de la justice, rapporte France Bleu Isère. Ils veulent établir la responsabilité des quatre autres gendarmes qui avaient passé l'après-midi dans un restaurant à boire avec le responsable de l'accident.

L'homme avait bu l'après-midi avec ses collègues

Le gendarme, Loïc D., a été jugé jeudi 28 février en comparution immédiate, reconnu coupable d'homicides involontaires avec circonstances aggravantes, condamné à trois ans de prison, dont 18 mois ferme, et écroué à la prison de Lyon-Corbas dans la foulée. Mais pour les enfants du couple mort tragiquement, on aurait dû rechercher d'autres responsabilités : "Nous avons appris que le chauffard qui était là, dans le box, et dont l'avocat a vanté les 17 années de service dans la gendarmerie, avait passé l'après-midi dans un restaurant de Villefontaine à boire, avec quatre autres amis gendarmes, comme lui, en permission", s'indigne Alain.

Ils l'ont laissé repartir au volant de sa puissante voiture, une Hyundai i30, avec 275 chevaux sous le capot, alors qu'il avait 2,54 grammes d'alcool par litre de sang. Cela représente 3 litres de bière !Alain, fils des victimesFrance Bleu Isère

À l'audience, la procureure de Bourgoin-Jallieu a expliqué que les policiers en charge de l'enquête de flagrance avaient bien travaillé, que le dossier rendu était suffisant pour juger le gendarme responsable de l'accident, et lui seul. Les enfants du couple de retraités, Olivier, Céline et Alain ne sont, eux, pas d'accord. Ils se demandent même si Loïc D. n'a pas accepté de prendre tout sur lui pour épargner ses collègues. Ils veulent écrire à la garde des Sceaux pour dire leur colère et leur incompréhension et envisagent aussi de prendre un avocat.