13h15, France 2

VIDEO. "13h15". Le récit de la tuerie d'Auriol qui a fait six morts en 1981, dont le chef du SAC de Marseille

Des membres du Service d’action civique ont reçu pour instruction d’éliminer le chef de la section de Marseille du service d’ordre gaulliste, en juillet 1981. La gauche est au pouvoir depuis deux mois et il est soupçonné de vouloir trahir. Le commando le tuera, ainsi que cinq membres de sa famille. Extrait du magazine "13h15 le dimanche" du 1er octobre.

Ce samedi 18 juillet 1981, en début d’après-midi, Jean-Bruno Finochietti et ses complices se mettent en planque devant la maison du policier Jacques Massié, chef de la section locale du Service d’action civique (SAC) de Marseille. Ces militants du service d’ordre gaulliste ont reçu pour mission d’interroger et d’éliminer celui qui est soupçonné de vouloir trahir son organisation et d'en révéler ses secrets, au moment où la gauche vient d’arriver au pouvoir. Ils vont commettre la "tuerie d’Auriol", dans les Bouches-du Rhône.

Le commando observe à la jumelle la bastide qui semble vide. La voiture du policier est garée devant. Après cinq heures de surveillance, ces hommes déterminés passent à l’action, ignorant que leur cible a quitté les lieux quelques heures plus tôt. A cinq, armés de couteaux, de fusils et de revolvers, ils entrent dans la maison et tombent sur l’épouse, Marie-Dominique, et le beau-frère de leur objectif. Ils sont gazés, ligotés et emmenés dans une chambre à l’étage.

"Je serai sage, ne faites pas de mal à maman"

Finochietti surveille les otages pendant que ses acolytes fouillent la maison à la recherche de documents compromettants et d’une mallette munie d’un dispositif d’enregistrement dont Jacques Massié ne se sépare jamais. La belle-mère et son petit-fils Alexandre, sept ans, rentrent alors de promenade. "Je serai sage, ne faites pas de mal à maman", dit l’enfant aux futurs assassins. A 20 heures, c’est au tour du beau-père de tomber dans le guet-apens. Bientôt, la femme du policier reconnaît le chef du commando. Cet instituteur, membre du SAC, est déjà venu plusieurs fois chez elle. Alors, tout bascule…

Le chef donne l’ordre de tous les tuer. Les otages sont descendus tour à tour dans le salon et assassinés. Deux membres du commando partent se débarrasser des corps. Jacques Massié rentre chez lui au milieu de la nuit, découvre la situation et tente de s’enfuir. Finochietti l’assomme et le poignarde sur le trottoir. Son cadavre est chargé dans une voiture, puis enterré dans la campagne, à vingt minutes d’Auriol. Le nouveau pouvoir dissout le SAC le 3 août 1982 et la cour d’assisses des Bouches-du-Rhône condamne les coupables en 1985.

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