Deux enquêtes ouvertes après la diffusion d'une vidéo où un policier passe à tabac un prévenu au TGI de Paris

Une vidéo, révélée par le site Là-bas s'y j'y suis, montre un fonctionnaire passer à tabac un prévenu menotté.

Les images de vidéosurveillance du TGI de Paris montrent un fonctionnaire de police s\'en prendre violemment à un prévenu.
Les images de vidéosurveillance du TGI de Paris montrent un fonctionnaire de police s'en prendre violemment à un prévenu. (LA BAS SI J'Y SUIS)

Un policier qui s'en prend à un prévenu menotté et qui lui assène de violents coups. La scène, capturée par les caméras de surveillance du nouveau palais de justice de Paris, a été diffusée, jeudi 12 juillet, par le site de Là-bas si j'y suis. Sur les images, on voit d'abord une altercation entre un prévenu et un fonctionnaire de police chargé d'assurer la surveillance du dépôt du tribunal, cet endroit où sont gardées les personnes avant de comparaître.

Au bout de quelques secondes, le policier parvient à maîtriser l'individu, et à le menotter dans le dos. Il le saisit alors violemment pour l'emmener de force dans sa cellule. L'homme tente de résister, sans y parvenir. Les images montrent le fonctionnaire lui asséner un coup-de-poing et plusieurs coups de pied. Dans les secondes qui suivent, l'arrivée de collègues policiers apaise la situation. Mais le premier policier, lui, semble vouloir en découdre. A plusieurs reprises, on le voit de nouveau se jeter sur l'homme, malgré la présence de ses collègues qui tentent de le calmer.

Ces images ont été transmises à Là-bas par "un gardien de la paix affecté au TGI de Paris qui a voulu dénoncer l'intervention violente d'un de ses collègues", explique le site. Toujours selon cette source, les faits dateraient du 9 juin dernier.

Deux enquêtes confiées à l'IGPN

Contacté par franceinfo, le parquet de Paris confirme avoir eu connaissance des images. Il indique avoir chargé l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) d'une enquête pour "violences par dépositaire de l'autorité publique", mais également pour "faux". Selon nos informations, cette qualification de "faux" vise la façon dont cet incident a été relaté, sans remettre en cause la séquence vidéo elle-même.

Le parquet de Paris ajoute avoir ouvert une enquête distincte, cette fois du chef d'"introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données". Cette procédure, également confiée à l'IGPN, est liée au fait d'avoir extrait et diffusé les images de vidéosurveillance.

Une source proche du dossier indique, par ailleurs, que l'homme qui a reçu les coups n'est pas un migrant, comme l'indique Là-bas si j'y suis, mais un homme qui attendait d'être jugé en comparution immédiate pour vol. Là-bas si j'y suis affirme que le policier auteur des coups aurait lui-même fait circuler ces images dans un groupe de discussion interne aux policiers pour se vanter de ses actes.