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Marseille. Douze policiers de la BAC arrêtés pour vols et escroquerie

Les policiers sont soupçonnés d'avoir volé des produits stupéfiants ou de l'argent prélevés sur des dealers qu'ils avaient interpellés.

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France Télévisions
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L'entrée de la brigade anti-criminalité nord de Marseille (Bouches-du-Rhône), le 2 octobre 2011. (ISABELLE STAES / FRANCE 2)

FRANCE - Est-ce le début d'une nouvelle affaire Neyret, cette fois à Marseille ? Mardi 2 octobre, dans la soirée, huit nouveaux policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) de Marseille (Bouches-du-Rhône) ont été placés en garde à vue, a annoncé le procureur de la République, Jacques Dallest.

Quatre autres fonctionnaires de police marseillais avaient déjà été placés en garde à vue plus tôt dans la journée, dans le cadre d'une enquête de la police des polices visant la BAC du nord de la ville. Que sait-on sur cette affaire qui touche la police, a peine 20 jours après la mise en examen pour corruption de policiers de la région lyonnaise ?

Quels sont les faits reprochés aux policiers ? 

Ces derniers sont soupçonnés d'avoir volé des produits stupéfiants ou de l'argent prélevés sur des dealers qu'ils avaient interpellés, ou de s'en être fait remettre par eux, et d'avoir fait de même avec des vendeurs de cigarettes à la sauvette. "Un certain nombre d'entre eux, apparemment, se payaient sur la bête ou prélevaient leur dîme en espèces ou en nature, à des fins personnelles sans doute ou peut-être dans le cadre de leur travail", a indiqué Jacques Dallest, évoquant "une pratique assez répandue dans ce service depuis assez longtemps".

Les locaux de la brigade ont été perquisitionnés. La police des polices a fouillé les vestiaires, ainsi que le domicile des policiers.

Que risquent-ils ? 

Les douze fonctionnaires ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une information judiciaire ouverte le 22 février pour "vols en bande organisée, extorsion en bande organisée, infractions à la législation sur les stupéfiants", a précisé le magistrat, soulignant que les deux premiers chefs, de nature criminelle, étaient passibles respectivement de 15 et 20 ans de réclusion.

Si la suite des investigations fait apparaître des faits de corruption, les policiers "feront l'objet d'un réquisitoire supplétif", a dit Jacques Dallest mardi matin, soulignant qu'à ce stade de l'enquête, la hiérarchie n'était pas impliquée.

La Bac nord avait-elle déjà fait parler d'elle ?

Selon une source proche du dossier à Marseille, cette affaire fait suite, notamment, à des dénonciations faites par un policier dans la presse locale, quelques semaines après sa révocation en mars. Ce policier d'une trentaine d'années avait été révoqué "pour une histoire de dealer interpellé, qu'il avait relâché avec des produits stupéfiants et sans en informer ni sa hiérarchie ni le parquet", a précisé la même source.

"L'argent coule à flots dans les cités et au lieu de faire notre boulot de flic, on va récupérer des jeunes dans des cités qui ont des sacoches ou de l'argent, puis on passe des petits deals : on les laisse repartir et on garde l'argent pour soi", avait raconté le policier, sous couvert d'anonymat, à des journalistes de France 3 Provence-Alpes.

Ce policier avait indiqué par ailleurs avoir subi "des menaces" pour avoir voulu dénoncer ces faits.

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