"C'est une mort de plus, une mort de trop" : plus d'un millier de personnes rassemblées pour rendre hommage au policier tué à Avignon

Un rassemblement en hommage à Éric Masson, ce policier tué à Avignon lors d'une opération anti-drogues, était organisé dimanche devant son commissariat.

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Radio France
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Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Éric Masson (09 mai 2021). (JEROME JADOT/ RADIO FRANCE)

Face à des centaines de personnes massées sur le parvis de l'hôtel de police d'Avignon, remplissant même le boulevard d'en face, le portrait du jeune brigadier Éric Masson, regard doux, barbe bien taillée, a été installé par ses collègues, arborant le tee-shirt du groupe départemental d'intervention auquel il appartenait. Très marqués, les yeux humides, ils se sont tenus par les épaules autour de la photo, avant de marquer une minute de silence. "Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire", a déclaré au micro ce policier retraité citant Albert Einstein.

>> "Plus qu'avant nous sommes devenus des cibles dans cette société" : en colère, les policiers veulent se faire entendre du gouvernement

Beaucoup de policiers, certains avec leur brassard orange "police" étaient présents, mais aussi des habitants de la région. Les messages sont nombreux sur le livre d'or mis à disposition. Des applaudissements ont retenti à plusieurs reprises pour saluer le brigadier de 36 ans, père de deux fillettes. Dans la foule, des habitants d'Avignon et de la région, comme Stéphane, agriculteur, venu adresser un signe à ceux qui dit-il protège les citoyens. "C'est une vocation, confie-t-il. Ce sont des personnes qui mettent leur vie au service de la nation et des citoyens, qui travaillent sur des horaires totalement décalés, qui font une parenthèse de vie familiale, ça doit être honoré, très clairement."

Un hommage à Éric Masson est organisé devant le commissariat d'avignon (09 mai 2021). (JEROME JADOT/ FRANCEINFO)

Très touchés également par ce meurtre, évidemment, beaucoup de policiers, certains brassard au bras, leurs proches également. "C'est une mort de plus, une mort de trop", a réagi Michèle, dont la fille est fonctionnaire de police.

"Chaque jour, je crains pour la vie de ma fille qui me relate les tirs de mortier, les attaques, les crachats, les insultes et les menaces permanentes, des menaces de mort."

Michèle

à franceinfo

Ma fille a été filmée et la vidéo a été postée sur Facebook, témoigne Michèle. Elle a porté plainte mais il a fallu des mois pour qu'on enlève les commentaires. Elle se sentait en insécurité, elle a bénéficié d'une protection."

"Le policier ne fait plus peur"

Une mort de trop qui ne doit pas rester impunie. Tous les membres des forces de l'ordre présents ici, parfois venus de Marseille ou de Paris, dénoncent un manque de sanction judiciaire contre les délinquants. Olivier est officier de police judiciaire dans l'Aveyron, spécialisé dans le trafic de drogue. "Ça peut m'arriver demain, de partir au travail et ne pas rentrer à la maison, déplore l'officier de police. Ça devient compliqué de travailler. On a une réponse pénale qui n'est pas adaptée. Sur des outrages, ils ne sont pas punis, ils ont des rappels à la loi, des convocations dans dix mois.. Le policier ne fait plus peur et il n'y a plus de respect envers les policiers.".

Les personnes rassemblées pour rendre hommage à Éric Masson parlent "d'impunité à l'encontre des délinquants." Ils estiment qu'il n'y a plus de respect. Des revendications que les syndicats de police, qui ont organisé cet hommage, entendent porter lundi 10 mai devant le Premier ministre Jean Castex qui doit les recevoir. Les syndicats qui avaient souhaité éviter toute récupération politique. Quelques responsables du RN, dont Gilbert Collard, étaient présents avec leurs écharpes d'élu à la main.

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