Détection de la radicalisation chez les forces de l'ordre : "Il ne faut pas que ce soit tabou de faire un signalement"

Le signalement automatique de la radicalisation chez les forces de l'ordre est une proposition "souhaitable" sans pour autant sans "tomber dans la chasse aux sorcières" pour le syndicat des cadres de la sécurité intérieure.

Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des officiers de police, le 26 octobre 2016 à l\'Elysée.
Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des officiers de police, le 26 octobre 2016 à l'Elysée. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Quatre jours après l'attaque à la préfecture de police de Paris, Christophe Castaner a appelé lundi 7 octobre sur France Inter à ce que toute alerte liée à la radicalisation chez les forces de l'ordre fasse désormais "l'objet d'un signalement automatique". Une proposition "souhaitable" mais dont les "contours" doivent encore être "définis", a réagi sur franceinfo Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).

Ne pas "tomber dans la chasse aux sorcières"

"Il ne faut pas que ce soit tabou de faire un signalement. On comprend aujourd'hui que comme rien n'est clair, on puisse avoir l'impression d'être un délateur si jamais on le fait", a-t-il expliqué, tout en appelant à ne pas "tomber dans la chasse aux sorcières". "Il faut voir s'il y a des connexions avec des milieux salafistes par exemple, avant de déclencher éventuellement une procédure de licenciement", a poursuivi Jean-Marc Bailleul.

Il faut que cette alerte puisse avoir un côté officiel sans tomber dans la délation, et qu'un dispositif de réactivité d'enquête puisse alors se mettre en routeJean-Marc Bailleulà franceinfo

Il faut par ailleurs, selon lui, "revoir l'habilitation secret défense un peu plus souvent, notamment quand il y a un eu signalement, permettre une nouvelle enquête pour vérifier qu'il n'y aurait pas des connexions avec des milieux radicalisés". Cette habilitation, dont bénéficiait l'assaillant de la préfecture de police de Paris, est accordée actuellement pour une période de sept ans.