Attaque à la préfecture de Paris : Edouard Philippe lance deux missions d'évaluation des agents de la lutte antiterroriste

Interrogé sur la "faille" qui a permis à un employé de la direction du renseignement de la préfecture de Paris (DRPP) de tuer quatre de ses collègues jeudi, le Premier ministre a reconnu que c'était "évidemment une question centrale".

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 4 octobre 2019 à Paris.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 4 octobre 2019 à Paris. (IAN LANGSDON / POOL / AFP)

Des nouvelles mesures après l'attaque meurtrière. Samedi 5 octobre, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé le lancement de deux missions sur la détection d'éventuels signes de radicalisation islamiste d'agents chargés de la lutte antiterroriste, à la suite de la tuerie de la préfecture de police de Paris, dans une interview au Journal du dimanche.

Interrogé sur la "faille" qui a permis à un employé de la direction du renseignement de la préfecture de Paris (DRPP) de tuer quatre de ses collègues jeudi, il a reconnu que c'était "évidemment une question centrale". Concernant d'éventuelles informations confidentielles que l'informaticien aurait pu divulguer à l'extérieur, il a répondu que des "vérifications techniques" étaient en cours.

"On me dira que le risque zéro n'existe pas, c'est vrai, mais c'est notre responsabilité de ne jamais accepter d'éventuels défauts et de toujours resserrer les mailles du filet", a affirmé Edouard Philippe. "Pour tous les services de renseignement, la détection des menaces internes est une priorité absolue. En particulier, aucun signal de radicalisation ne peut être méconnu ni rester sans réponse", a ajouté le Premier ministre.

"Le tamis va être très fin"

La première des deux missions confiées à l'Inspection générale du renseignement concerne la DRPP, où travaillait l'assaillant depuis 2003. Les résultats sont attendus dès la fin du mois. "Elle dira, d'une part, si les outils de détection et de signalement étaient en place à la DRPP et s'ils ont bien fonctionné", a expliqué Edouard Philippe.

La seconde mission, qui doit rendre ses conclusions d'ici la fin de l'année, visera l'ensemble des services de renseignements associés à la lutte antiterroriste. "J'ai demandé qu'elle mène une revue en profondeur des procédures de détection, de signalement et de traitement des processus de radicalisation dans l'intégralité des services de renseignement impliqués dans la lutte contre le terrorisme", a précisé le chef du gouvernement, en assurant : "le tamis va être très fin".

Les deux missions doivent aboutir à des propositions de remise à niveau des procédures de détection de la radicalisation au sein des services de renseignements.