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"On se posait la question de savoir si il y avait d'autres Mohamed Merah, je crois que nous avons la réponse"

Samedi un vaste coup de filet antiterroriste a conduit à l'interpellation de onze personnes, une douzième a été tuée à Strasbourg, les perquisitions se poursuivent dimanche à Cannes. Le ministre de l'Intérieur dénonce des "réseaux terroristes dans nos quartiers", citant Mohamed Merah comme la démonstration d'"une menace terroriste en France". Sur France Info, Mathieu Guidère, spécialiste de l'islam radical, décrit ces "nouveaux terroristes".
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Thierry Gachon Maxppp)

La police poursuit dimanche ses perquisitions à Cannes, en lien avec le vaste coup de filet antiterroriste de samedi. Les onzes personnes interpellées pour l'instant sont "nées en France dans les années 80 et sont de nationalité française ", indiquait samedi le procureur de la République de Paris, François Molins. Il s'agit selon lui d'"un réseau de délinquants convertis à
l'islam radical"
, ajoutant que des membres de cette "cellule " auraient, "sans
certitude
", voulu rejoindre "les terres de djihad ".

"Il ne s'agit pas d'étrangers" , ajoutait samedi Manuel Valls. "Il
s'agit de Français, de Français convertis, de Français musulmans
", indiquait le ministre de l'Intérieur, invitant évidemment à ne pas confondre ces personnes
avec l'islam de France. "Il s'agit-là de mettre hors d'état de nuire des terroristes, des apprentis terroristes qui passent à l'acte et qui peuvent passer à l'acte à tout moment ", prenant notamment pour exemple Mohamed Merah.**

"Un nouveau profil de terroristes"

"On se posait la question il y a quelques mois de savoir si il y avait d'autres Mohamed Merah, je crois que nous avons la réponse" , indique sur France Info Mathieu Guidère, agrégé d'arabe et professeur d'islamologie à
Toulouse, précisant qu'il sagit là d'"un
nouveau profil de terroristes
".

"Ils se caractérisent essentiellement par le fait qu'ils sont Français ou nés Français, c'est-à-dire issus du pays auquel
ils s'attaquent
", poursuit ce spécialiste de l'islam radical. "Il s'agit plutôt de démarches individuelles de radicalisation extrêmement rapides ", ajoute-t-il.

Des terroristes 2.0 ?

"Un de leurs traits les plus distinctifs
est cette rapidité de leur radicalisation. Entre le moment où ils
sont signalés et le moment du
passage à l'acte, il se passe quelques semaines voire quelques mois,
alors qu'au
cours des années 90 il fallait plutôt des années
", indique Mathieu
Guidère, expliquant notamment cela par l'usage d'internet. 

"Le passage entre la délinquance et le djihadisme est de plus en plus
facile
"

Jérémy Sydney, l'homme abattu à Strasbourg lors de son interpellation samedi, avait été condamné en 2008, pour trafic de stupéfiants.
Puis il avait disparu des radars de la police depuis 2010, mais était
surveillé depuis le printemps 2012 par la Direction centrale du
renseignement intérieur (DCRI). "Rien
pendant deux ans, exactement le profil de jeunes issus de la délinquance
qui semblent se radicaliser en prison
", explique une source au
ministère de l'Intérieur citée dimanche par le JDD.

"Le passage entre la délinquance et le djihadisme est de plus en plus facile ", confirme Mathieu
Guidère. "De plus en plus, depuis fin 2010, début 2011, on en constate un certain
nombre qui auparavant étaient dans une delinquance de droit commun, et puis un jours ils font une rencontre et se convertissent ou deviennent religieux
".

Leurs motivations ?

"Jusqu'au Printemps arabe, la cible principale était l'Occident parce que
pour les djihadistes il faisait preuve d'ingérence dans les pays musulmans
", explique le spécialiste. "Depuis le Printemps arabe et l'alignement des Occidenteaux aux côtés des peuples,
il reste deux éléments principaux : le conflit israelo-palestinien, et toutes velléités
* d'intervention dans les pays à majorité muslman* ", indique-t-il.

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