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Moirans : l'appel au calme désespéré de la mère du défunt

La nuit a été calme à Moirans (Isère), après les émeutes de mardi, mais la situation demeure "très sensible". La Justice a confirmé son refus de voir sortir le frère d'un jeune homme défunt pour qu'il assiste à ses obsèques. Leur mère, désespérée, appelle au calme et avait annoncé l'annulation de l'enterrement. Il a finalement lieu mercredi après-midi.
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Radio France
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 (Adèle Vinterstein, la mère du défunt de Moirans © SIPA/Xavier Vila)

La mère du jeune homme originaire d'une communauté de gens du voyage à Moirans annonce son intention d'annuler les obsèques, prévues ce mercredi après-midi. Reportées tant qu'il ne sort pas de prison, dit sa famille. Très émue et désespérée, elle appelle au calme pour éviter de nouvelles violences, tout en regrettant que son fils aîné n'ait pas été autorisé à sortir de prison  : "Je ne suis vraiment pas pour la violence, pas du tout. Ce n'est vraiment pas ce que je voulais. Bien-sûr que je demande que le calme revienne ! Et toutes les personnes qui m'écoutent et qui veulent faire la violence, arrêtez s'il vous plaît ! je suis une maman, il ne faut pas qu'il y ait d'autres drames et ça n'arrange rien la violence ! "

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Après avoir été annoncé comme annulé, l'enterrement du jeune homme a finalement lieu ce mercredi après-midi. Il s'est tué en voiture. Son frère aîné avait vu sa demande de sortie provisoire pour y assister rejetée et c'est là le point de départ des émeutes. Suite au rejet hier de cette première demande, il a déposé ce matin une nouvelle demande, avec, cette fois, une escorte, ce qui n'était pas le cas de la précédente.

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Mais la Justice a de nouveau refusé de le laisser sortir. Les choses n'en resteront peut-être pas là car il a encore la possibilité de faire appel. Selon le préfet de l'Isère, Jean-Paul Bonnetain, le jeune homme a été transféré et "il n'est plus en Savoie ".

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C'est donc l'attente sur le terrain, à Moirans, où le calme était revenu ce matin. Mais près de 200 gendarmes restent mobilisés au cas où les incidents reprendraient. 

"Avec un Fenwick, ils ont transporté les voitures au milieu de la route et ils les ont incendié "

Une vingtaine de véhicules avaient été incendiés lundi sur un carrefour, à présent dégagé, bloquant la route plusieurs heures, tout autour de la gare, comme le raconte David, témoin de la scène : "C'est une quarantaine de personnes qui est arrivée, qui a saccagé la casse. Avec un Fenwick, ils ont transporté les voitures au milieu de la route et ils les ont incendié. De la violence gratuite : mettre une commune à feu et à sang, je trouve ça lamentable ". Les forces de l'ordre sont intervenues mais n'ont procédé à aucune interpellation sur le moment, ce qui provoque aujourd'hui une polémique.

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La gare a été en partie saccagée avec des voitures sur les voies, interrompant durablement le trafic entre Grenoble et Lyon, qui a pu reprendre ce matin. Pas de blessés mais une colère qui s'est exprimée chez des gens du voyage installés depuis longtemps sur un terrain à proximité des voies ferrées. 

Les émeutes ont éclaté quand les proches du détenu ont appris le refus de le laisser sortir pour assister à l'enterrement. Les dégâts ont été chiffrés à 200.000 euros et les voitures brûlées ne provenaient pas toutes de la casse voisine.

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