Marche blanche contre l'antisémitisme : "Pourquoi subitement J.-L. Mélenchon et M. Le Pen ont-ils envie de venir?", s'interroge Joël Mergui

Après que que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont dû quitter la marche blanche pour Mireille Knoll, Joël Mergui, le président du Consistoire israélite de France, a estimé mercredi sur franceinfo que "ces personnes savaient qu'elles s'exposaient au fait que la communauté juive ne serait pas contente."

Joël Mergui, le président du Consistoire israélite de France dans le studio de franceinfo, le 28 mars 2018.
Joël Mergui, le président du Consistoire israélite de France dans le studio de franceinfo, le 28 mars 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"On ne peut pas dire qu'on a envie de fréquenter des gens qui ne nous aiment pas", a déclaré mercredi 28 mars sur franceinfo Joël Mergui, président du Consistoire israélite de France. Une marche blanche a eu lieu à Paris en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée la semaine dernière dans son appartement du 11e arrondissement de la capitale. Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées de la place de la Nation au domicile de la victime. Malgré l'opposition du Crif (le Conseil représentatif des Institutions juives de France), Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon étaient présents. Hués par la foule, ils ont été contraints de quitter le cortège.

"S'acheter une bonne conscience politique"

"Moi je m'interroge sur leur volonté [à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen] de venir subitement, a dit Joël Mergui. Ça fait des années qu'il y a des problèmes dans la communauté juive, qu'il y a des problèmes dans la société, pourquoi subitement ils ont envie de venir ? On veut s'acheter une bonne conscience politique sur le dos de la mort d'une vieille dame ?"

Ce sont des extrêmes, chacun agit d'une certaine façon et cet épiphénomène a pollué cette journée.Joël Mergui, président du Consistoire israélite de Franceà franceinfo

"C'était une journée de recueillement, poursuit Joël Mergui. Alors ces personnes ont voulu venir, elles ont pris des risques par rapport à des manifestants qui savent aussi ce qu'elles sont. Ces personnes savaient en annonçant qu'elles venaient, qu'elles s'exposaient au fait que la communauté juive ne serait pas contente."

Le président du Consistoire isréalite de France aurait "bien aimé les entendre et les voir soutenir nos projets, notre vision, la communauté juive pendant toutes ces années. On ne peut pas être présent que quand la communauté juive a des morts. À un moment donné, ça devient presque de l'indécence."