La mairie d'Angoulême grillage 9 bancs publics pour déloger des SDF

La mairie d'Angoulême a grillagé mercredi neuf bancs publics situés sur la place du Champ-de-Mars. C'est un endroit où se retrouvent tous les jours des marginaux et des SDF qui provoquent des bagarres quand ils sont alcoolisés. Si la marie se justifie, l'opération suscite émoi et incompréhension.

(Les bancs grillagés d'Angoulême © Pierre Marsat / RF)

Pour la mairie, cet acte fait partie d'un plan global de lutte contre cette population qui dérange dans un quartier très commerçant. Mais cela tombe mal en cette période de Noël. Joël Guiton, l'adjoint au maire d'Angoulême chargé de la sécurité et de la tranquillité publique, se justifie pourtant : "La période de Noël n'a pas été choisie parce que c'est Noël. C'est une disposition discutée avec les commerçants. Nous tenons compte aussi des doléances des passants et des riverains."

Joël Guiton : "Ce sont des bancs qui étaient utilisés quasi exclusivement par des personnes qui se livrent à une alcoolisation récurrente."
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L'opération a été effectuée en catimini mercredi matin et si seulement neuf bancs publics sont désormais impraticables, il en reste plusieurs dizaines d'autres d'accessibles sur la place. Le problème ne devrait donc que se déplacer.

 

Pour l'une de ces SDF montrés du doigt, Caroline, ça ne sert à rien. "C'est ridicule! Maintenant on est là. On sait qu'on a pas le droit de boire d'alcool sur le banc mais on est d'ici!"

 

La présence de ces SDF sur ces bancs a suscité l'émotion des commerçants du quartier, inquiets du comportement des marginaux alcoolisés. Mais le patron du bar PMU du Champ-de-Mars, Stéphane Pradaloue qui les connaît tous, un par un, estime que ce n'est pas en mettant des grillages qu'on va régler le problème. "C'est là qu'on voit que la mairie est faible. Ils feraient mieux de faire respecter les lois sur l'alcool sur la voie publique."

La mairie d'Angoulême grillage 9 bancs publics pour déloger des SDF - reportage Pierre Marsat
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(9 bancs publics sont désormais impraticables mais il en reste plusieurs dizaines d'autres d'accessibles sur la place © Pierre Marsat / RF)