La justice rejette à nouveau la remise en liberté de Jacqueline Sauvage, condamnée pour le meurtre de son mari violent

Aujourd'hui agée de 68 ans, Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de prison, en 2014, pour le meurtre de son mari violent, qui la battait, la violait et faisait de même avec ses deux filles.

Jacqueline Sauvage à la cour d\'assises du Loir-et-Cher, à Blois, le 3 décembre 2015, lors de son procès en appel.
Jacqueline Sauvage à la cour d'assises du Loir-et-Cher, à Blois, le 3 décembre 2015, lors de son procès en appel. (PHILIPPE RENAUD / MAXPPP)

La cour d'appel de Paris a rejeté, jeudi 24 novembre, la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage. Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta, avocates de Jacqueline Sauvage, ont dénoncé "une décision assez choquante". Selon les avocates, la cour d'appel demande, dans ses motivations, à Jacqueline Sauvage d'accepter "pleinement sa peine et les conditions de son exécution, de sortir du discours de survictimisation et d'approfondir les efforts d'introspection". "On lui reproche la médiatisation" de cette affaire, ont-elles ajouté.

"Jacqueline Sauvage pâtit de cette grâce présidentielle partielle"

Cette décision intervient trois mois après avoir essuyé un premier refus de la justice, le 12 août, au tribunal d'application des peines de Melun. Devenue un symbole des victimes de violence conjugale, elle a été condamnée deux fois à dix ans de prison pour le meurtre de son mari. Elle avait été partiellement graciée par François Hollande. "Jacqueline Sauvage pâtit de cette grâce présidentielle partielle", ont dénoncé ses avocates après le rejet de la demande de libération conditionnelle par la cour d'appel de Paris.

"En réalité, sa demande de libération conditionnelle a été estimée beaucoup trop prématurée après cette grâce présidentielle. C'est incroyable, ont lancé Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Avec cet engouement de la société et ce message fort envoyé à toutes les victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage va demeurer en prison. Toutes les femmes victimes ont essayé de l'aider et ça s'est retourné contre elle."