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"Je revois les images mais je n'arrive toujours pas à y croire" : le témoignage d'une rescapée du Bataclan

Comment reprendre le cours de sa vie pour les survivants des attentats de Paris et Saint-Denis ? Le bilan de ces six attaques, encore provisoire, s'élève à 129 morts. Marielle Timme était venue à Paris pour assister au concert des Eagles of Death Metal, au Bataclan. Elle a trouvé refuge dans une loge et a finalement pu s'échapper. De retour à Lens, elle raconte la vie qui recommence, péniblement.
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Radio France
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 (Marielle Timme, rescapée de l'attentat du Bataclan vendredi 13 novembre © Cécilia Arbona / RF)

Ce devait être un jour de fête, pour Marielle Timme et tous les autres fans des Eagles of Death Metal. La soirée a tourné au cauchemar, quand des terroristes ont fait irruption dans la salle de concert du Bataclan, qui accueillait le concert, et ont "arrosé la foule" de balles. Marielle, elle, a par miracle pu se réfugier dans une loge habituellement réservée aux artistes.

Originaire de Lens, la jeune femme est rentrée dans sa région dimanche, et tente de refaire surface. Mais pour l'instant, elle ne réalise toujours pas ce qu'elle a vécu : 

"Je ne fais que regarder les informations, mais moi j'ai l'impression que ce qui m'est arrivé, c'est un épisode de série télé américaine. Je n'arrive pas à croire que j'étais impliquée là-dedans. Je revois les images, notre captivité, je revois les cadavres en sortant, mais je n'arrive toujours pas à croire que ça me soit arrivé à moi ." 

"J'ai l'impression que ce qui m'est arrivé, c'est un épisode de série télé américaine"
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Une scène d'horreur, des images qui défilent en boucle dans la tête, Marielle Timme, comme les autres survivants, aura besoin d'en parler. "Je vais voir un psychologue dès ce matin, quelqu'un que je  connais de mon entourage"

Marielle a repris le train dimanche et si d'ordinaire elle a peur quand elle voit des militaires armés dans les gares, elle raconte qu'elle n'a "jamais été aussi contente de voir des armes automatiques amies ." 

De retour chez elle, à Lens, Marielle essaie tant bien que mal de reprendre le cours d'une vie normale : "On continue à vivre en faisant des choses tout à fait banales, et ça fait du bien. Je déteste faire la vaisselle mais je n'ai jamais été aussi heureuse de la faire ! "

 (Marielle Timme en compagnie de ses parents, à Lens © Cécilia Arbona / RF)

Restent les questions encore sans réponse 

Cette nuit, elle a dormi moins de trois heures, suspendue aux informations, à la recherche de réponses. "Je voudrais voir la photo des terroristes, car moi je les ai vus de très loin. Je veux savoir qui ils sont, comment ils ont été embrigadés, parce qu'on ne se radicalise pas comme ça. Je pense aussi à leurs familles, s'ils n'ont rien à voir avec le terrorisme, ils sont aussi victimes de Daech ."

"On continue à vivre en faisant des choses tout à fait banales, et ça fait du bien" (Marielle Timme)
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Ce midi, Marielle Timm a participé à la minute de silence célébrée devant la mairie de Lens.

 (Marielle Timm lors de la minute de silence devant la mairie de Lens, ce lundi 16 novembre © Cécilia Arbona / RF)

Elle avait enfilé le tee-shirt du groupe Eagles of Death Metal, acheté vendredi au Bataclan. Comme un pied de nez à la barbarie. 

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