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Quatre morts dans un incendie à Aubervilliers : "Une opération particulièrement éprouvante", selon les pompiers de Paris

Au lendemain de l'incendie dans une tour à Aubervilliers dans lequel quatre personnes sont mortes, le capitaine des pompiers de Paris, Valérian Fuet, revient sur l'intervention de ses hommes.

Article rédigé par France Info
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une mère de famille et trois de ses enfants ont été retrouvés morts au 17e étage d'un immeuble touché par un incendie, le 26 juillet 2018 à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). (RÉMI BRANCATO / FRANCE-BLEU 107.1)

Une femme et ses trois enfants sont morts hier dans l'incendie d'une tour de 18 étages à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Les sapeurs-pompiers sont intervenus dans l'après-midi, peu après 17h, après de nombreux appels des habitants.

Les pompiers ont retrouvé les corps sans vie des victimes en début de soirée dans un appartement du 17e étage, alors qu'ils finalisaient l'extinction du sinistre. Une opération "difficile", selon le capitaine Valérian Fuet, de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), qui ajoute que "trois pompiers de Paris ont été blessés au cours de cette intervention".

franceinfo : Comment s'est déroulée l'opération ?

Valérian Fuet : Lorsque les premiers moyens se sont présentés sur l'intervention, ils ont été confrontés à un feu qui s'est rapidement propagé aux parties hautes et basses de la tour. On a dû faire face à un incendie qui a touché cinq étages, entre le 13e et le 18e étage de cette tour. C'est une opération qui a été particulièrement éprouvante, les conditions à l'intérieur de la tour étaient particulièrement difficiles.
La priorité des sapeurs-pompiers, c'était d'abord la lutte contre les propagations, pour éviter que le sinistre ne s'étende à d'autres étages, à d'autres bâtiments, pour éviter d'alourdir ce bilan humain très lourd. Simultanément, il fallait conduire les opérations de sauvetage. C'est ce qui a mobilisé énormément d'hommes et d'énergie. Une centaine de pompiers ont été mobilisés pour reconnaître les cinq étages, tous les appartements des étages touchés par l'incendie. Cela demande un investissement énorme, compte-tenu des conditions difficiles à l'intérieur : une chaleur infernale, une fumée épaisse où vous ne voyez pas à 20 cm et des portes d'appartements qui, pour la plupart, étaient blindées et qui nécessitent des moyens et de l'énergie pour pouvoir les ouvrir.

Pourquoi le feu a-t-il progressé si vite ?

La progression du feu a été rapide pour différentes raisons, notamment parce que la façade extérieure du bâtiment s'est embrasée et des débris enflammés se sont décrochés et sont tombés sur les balcons des étages inférieurs. C'est ce qui explique notamment la rapidité de la propagation.
Nos opérateurs ont reçu un très grand nombre d'appels, ils ont aidé certaines personnes à évacuer par téléphone. Plusieurs jeunes ont aussi donné l'alerte et ont aidé à évacuer des occupants de la tour. Nous, sur le bilan, nous avons réalisé trois sauvetages et une dizaine de mises en sécurité. Après, sur l'ensemble de la tour, des habitants sont sortis par leurs propres moyens.

Pourquoi les quatre victimes n'ont-elles pas réussi à évacuer l'immeuble ?

Malheureusement, le bilan fait état de quatre décédés et neuf blessés légers, dont trois pompiers de Paris. C'est un bilan qui est lourd et qui ne devrait plus évoluer. Les investigations quant à l'origine de l'incendie sont toujours en cours. Le laboratoire central de la préfecture de Paris va reprendre ses investigations. Tant qu'ils n'auront pas terminé leur enquête, l'opération ne pourra pas reprendre, notamment toute la phase de déblaiement et de dégarnissage. On va évacuer tout le mobilier sinistré par l'incendie.

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