Incendies au Canada : sécheresse, évacuations, qualité de l'air... Ce que l'on sait des feux de forêt "sans précédent" qui ravagent l'Alberta

Quelque 122 000 hectares ont déjà brûlé dans cette province située dans l'ouest du pays. L'état d'urgence y a été déclaré.
Article rédigé par franceinfo avec AFP, Camille Adaoust
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Des pompiers luttent contre les flammes à Vegreville (Canada), le 11 décembre 2012. (DAVIN G PHOTOGRAPHY / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Des incendies gigantesques dès le printemps. L'Alberta a déclaré samedi 6 mai l'état d'urgence, alors que la province de l'ouest du Canada fait face à une centaine de feux de forêt. La situation a notamment conduit quelque 25 000 habitants à quitter leur domicile.

La Première ministre de la province, Danielle Smith, a déploré une situation "sans précédent". Causes des incendies, dégâts, mesures prises... Voici ce que l'on sait de ces feux de forêt.

Plus de 100 000 hectares brûlés

Au total, 110 incendies ont été recensés en Alberta. Environ 122 000 hectares ont brûlé, a précisé Danielle Smith, Première ministre de la province, lors d'une conférence de presse. Selon le Système canadien d'information sur les feux de végétation, qui met à disposition une carte actualisée en temps réel, plusieurs dizaines d'incendies, encore hors de contrôle dimanche, ont une ampleur supérieure à 1 000 hectares.

Le Système canadien d’information sur les feux de végétation fait état d'incendies en Alberta, province du Canada, le 7 mai 2023. (CAPTURE D'ECRAN / SYSTEME CANADIEN D'INFORMATION SUR LES FEUX DE VEGETATION)

C'est par exemple le cas dans la communauté autochtone de Fox Lake, dans le nord de la province, où un incendie a ravagé 20 maisons, un magasin et un poste de police. Les habitants ont été évacués par bateau et hélicoptère.

Une sécheresse favorisant les incendies

L'Alberta "a connu un printemps chaud et sec", a rappelé Danielle Smith, selon qui "avec autant de petits bois, il suffit de quelques étincelles pour déclencher des incendies vraiment effrayants". Par ailleurs, des vents forts attisent les flammes.

Tous ces facteurs réunis ont créé une "situation sans précédent", a ajouté la Première ministre. Cette province de l'Ouest canadien est l'une des plus grandes productrices mondiales de pétrole, énergie fossile dont la combustion émet des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique.

> Causes, conséquences... Nos réponses à vos questions sur le réchauffement climatique

L'Alberta, mais aussi une zone importante de la province voisine du Saskatchewan,et une grande partie des Territoires du Nord-Ouest font actuellement face à un risque extrême d'incendies. Selon une carte mise en ligne sur le site du gouvernement, ces zones sont en état d'alerte sécheresse modérée à grave, une situation rendue plus probable et plus intense avec le réchauffement climatique.

Si des précipitations sont attendues et pourraient permettre de freiner la propagation des plus gros foyers, elles ne devraient pas suffire pour venir à bout des feux, estime auprès de Radio-Canada Josée St-Onge, agente de communication pour l’agence provinciale de lutte contre les incendies.

L'état d'urgence déclaré, des secours venus de l'ensemble du pays mobilisés

"Nous avons déclaré l'état d'urgence provincial pour préserver la sécurité, la santé et le bien-être des Albertains", a expliqué Danielle Smith. Ce dispositif donne au gouvernement de la province "des pouvoirs accrus pour répondre aux situations extrêmes", a-t-elle complété, notamment la mobilisation de moyens supplémentaires et le déblocage de fonds d'urgence.

Selon Radio-Canada, environ 80 pompiers venus du Québec et de l’Ontario se sont rendus samedi en Alberta, et quelque 200 autres sont attendus sur place "dans les prochains jours". "Nous étudions les options disponibles, y compris les pompiers chargés de la protection de nos parcs nationaux, évidemment ils doivent aussi protéger nos parcs. Nous vérifions aussi si les forces armées canadiennes disposent de ressources que nous pourrions mettre à contribution", a ajouté Danielle Smith, citée par Radio-Canada.

Les autorités ont par ailleurs déjà évacué environ 25 000 résidents de 20 localités, comme à Drayton Valley, une ville de 7 000 habitants, située à environ 140 kilomètres à l'ouest d'Edmonton. Elles ont également demandé à des milliers d'autres personnes de se tenir prêtes à partir à tout moment.

De plus, face au risque parfois "élevé" que présente la qualité de l'air, dégradée par les fumées des incendies, selon le ministère de l'Environnement canadien, les habitants d'une grande partie de la province sont invités à "réduire ou réorganiser les activités exténuantes en plein air". "Les enfants et les personnes âgées devraient également modérer leurs activités", peut-on lire sur le site du ministère.

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