Incendies à Martigues : une vitesse de propagation de 8km/h, c'était "dantesque" pour le patron du SDIS des Bouches-du-Rhône

Alors que plus de 1 000 hectares ont été ravagés, le feu ne progresse plus. 

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Radio France
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La fumée de l'incendie de Martigues, le 4 août 2020 (SERGE GUEROULT / MAXPPP)

"Je n'ai jamais connu une telle vitesse de propagation", a déclaré Grégory Allione, chef de corps des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, mercredi 4 août sur franceinfo dont les hommes ont lutté toute la nuit contre les incendies à Martigues"C'est un feu qui a été très virulent avec une vitesse de propagation, à certains moments, de 8 km/h, c'est dantesque. C'est la vitesse de quelqu'un qui court, et qui court bien". Alors que le feu a déjà brûlé plus de 1 000 hectares, il a "félicité" les équipes qui ont "sécurisé les lieux" cette nuit, "ce qui aujourd'hui nous permet de voir le soleil se lever sur une situation qui s'améliore nettement." Le feu "est maîtrisé sur 80% de ses lisières", et le bilan provisoire fait état de blessés légers et de dégâts matériels. 

franceinfo : Où en est la situation ce matin? 

Grégory Allione : C'est un feu qui a été très, très virulent. Notamment, la vitesse de propagation qui a été constatée à un certain moment sur ce feu, huit kilomètres heure, est dantesque. Je n'ai jamais connu une telle vitesse de propagation sur des feux. Et pourtant, 2003, 1990, sont des saisons qui font partie de ma mémoire. Huit kilomètres heure, c'est la vitesse de quelqu'un qui court à pied, et qui court bien. Voilà ce que nous avons eu à affronter hier dans l'après-midi, avec un vent à 90km/h, un mistral qui soufflait fort.  

Le feu est-il maîtrisé? 

Ce que parfois nos auditeurs, ou vous-même, avez du mal à saisir, c'est qu'un feu ce n'est pas lorsque la fumée a disparu que le travail s'arrête. Au contraire, le vrai travail commence. C'est un travail de longue haleine. Le feu est maîtrisé sur 80% de ses lisières, nous continuons de travailler des lisières, notamment sur la partie gauche ou en plein massif. Il faut éteindre toutes ces lisières. La lisière, c'est la partie qui se situe entre le brûlé et le vert pour faire en sorte que nous n'ayons pas de reprise, et faire en sorte que toute cette partie-là soit bien éteinte. C'est un travail qui va durer des jours et des jours. Il faut, dans des endroits qui sont escarpés, qui sont difficiles d'accès, aller chercher le feu, comme on dit, et tirer des tuyaux encore. Il faut aller gratter, il faut aller chercher le feu.    

Quel est le dernier bilan ? Y a-t-il des blessés? 

C'est une satisfaction à chaque fois, effectivement, que de pouvoir faire un bilan uniquement matériel. Mais à ce stade, oui, nous avons des blessés, mais des blessés légers, et c'est une forme de satisfaction à ce stade. Mais il faut rester vigilant tant que la situation n'est pas complètement terminée, que le feu n'est pas éteint, nous ne pouvons faire un bilan définitif. Il y a surtout un millier de personnes qui ont été mises en sécurité par précaution. Et il y a environ 1 500 vacanciers qui, malheureusement, étaient situés dans des zones très touristiques, à Martigues notamment, avec des campings qui ont été détruits, complètement détruits par ce feu dantesque. Aujourd'hui, nous allons avoir des naufragés de ce sinistre. A minima deux maisons ont bien été détruites et une léchée fortement par les flammes, et de nombreux appentis, de nombreux mobiliers de jardin ont été détruits, et notamment des campings sur la commune de Martigues. Et des voitures, forcément, qui ont été brûlées par endroits, notamment dans les campings. 

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