Incendie meurtrier à Paris : la suspecte va être présentée à un juge d'instruction

Essia B. avait été interpellée en état d'ébriété, peu après le départ de l'incendie de la rue Erlanger, alors qu'elle essayait de mettre le feu à des poubelles.

Les flammes embrasent cet immeuble de la rue Erlanger, le 5 février 2019 à Paris.
Les flammes embrasent cet immeuble de la rue Erlanger, le 5 février 2019 à Paris. (BENOIT MOSER / BSPP - BRIGADE DE SAPEURS-POMPIERS / AFP)

La femme soupçonnée d'avoir déclenché l'incendie d'un immeuble parisien qui a fait dix morts, dans la nuit de lundi à mardi, va être présentée dans la soirée à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen, a annoncé vendredi 8 février le parquet de Paris.

Cette quadragénaire a effectué treize séjours dans un établissement psychiatrique parisien entre 2009 et 2019. Elle avait été interpellée en état d'ébriété alors qu'elle venait d'essayer de mettre le feu à un véhicule et à une poubelle, au pied de l'immeuble, peu après le départ de l'incendie. Le sinistre a ravagé ce bâtiment du 16e arrondissement de Paris. Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier en près de quatorze ans dans la capitale. Les autorités ont dénombré dix morts et 96 blessés et une personne était toujours, mercredi, dans un "état d'urgence absolue", selon le procureur de la République Rémy Heitz.

Un examen à l'infirmerie psychiatrique

Sa garde à vue avait été interrompue mardi après-midi afin de lui faire subir un examen à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Unique en France, cette structure, surnommée "l'I3P", accueille des personnes présentant à la fois un "danger imminent pour la sûreté des personnes" et "des troubles mentaux manifestes". Son audition avait ensuite pu reprendre jeudi après ces examens médicaux.

Malgré les témoignages qui assurent qu'Essia B a mis le feu dans l'immeuble, elle a nié avoir commis les faits qui lui sont reprochés au cours de la première partie de sa garde à vue.