Ce que l'on sait de l'impressionnant incendie d'immeubles désaffectés à Rouen, qui laisse craindre une pollution à l'amiante

Des analyses étaient en cours dimanche pour savoir si le feu, qui a détruit deux immeubles contenant de l'amiante, a pu propager ce composant dangereux.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Un pompier sur les lieux de l'incendie qui a ravagé deux immeubles inhabités à Rouen (Seine-Maritime), dimanche 1er octobre 2023. (LOU BENOIST / AFP)

Un sinistre et des inquiétudes. Après l'incendie qui a ravagé deux immeubles désaffectés à Rouen (Seine-Maritime) dans la nuit de samedi 30 septembre à dimanche 1 octobre, des analyses sont en cours dans les environs, a déclaré Fatima El-Khili, adjointe au maire de la ville. "L'objectif est de rechercher le niveau de fibres d'amiante dans les suies et les débris [de l'incendie] ", a-t-elle expliqué dimanche au micro de France 2. 

Quatre ans après l'incendie de l'usine Lubrizol, au cours duquel 10 000 tonnes de produits chimiques étaient parties en fumée en bordure de Rouen, les habitants de la ville craignent à nouveau pour leur santé ainsi que leur environnement. Franceinfo fait le point sur ce double incendie, dont les causes restent inconnues. 

Deux immeubles totalement détruits

Après s'être déclaré vers 18 heures samedi, l'incendie a provoqué l'effondrement des deux structures. " L'acier, soumis à la forte chaleur, se ramollit, et l'effondrement du bâtiment est inéluctable ", expliquait à France 2 lors du sinistre Thomy Chauvel, commandant des opérations de secours Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) 76. Le site incendié appartient au bailleur social Rouen Habitat et, d'après la ville de Rouen, ces immeubles étaient désaffectés et n'accueillaient plus d'habitants depuis 2018, en raison du "risque incendie", a appris franceinfo.

Rouen : deux immeubles désaffectés s'effondrent à cause d'un incendie -
Rouen : deux immeubles désaffectés s'effondrent à cause d'un incendie Rouen : deux immeubles désaffectés s'effondrent à cause d'un incendie - (France 2)

Ces deux immeubles du sud de la ville étaient donc abandonnés depuis 2018 et voués à la démolition. Des squatteurs y élisaient fréquemment domicile, a appris France 2, mais aucune victime de ce brasier n'a été signalée. Dimanche midi, le feu avait été circonscrit et maîtrisé par les pompiers, mais pas totalement éteint, d'après la municipalité.

De l'amiante dans les structures

La construction de ces immeubles remonte aux années 1970. Ils étaient faits de verre et d'acier, mais contenaient aussi de l'amiante. Comme le rappelle l'Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) sur son site, l'amiante est un isolant qui a "été massivement utilisé" dans la construction, avant d'être interdit en France en 1997. Mais "il reste présent dans de nombreux bâtiments et équipements", prévient l'INRS, qui ajoute que ces micro fibres "peuvent se déposer au fond des poumons et provoquer des maladies respiratoires graves", dont des cancers.

L'amiante serait ainsi responsable du décès de 70 000 à 100 000 personnes entre 2009 et 2050 ; et engendre entre 150 et 170 cancers du larynx et de l'ovaire chaque année.

Les autorités et la population redoutent donc que les flammes et l'effondrement des immeubles aient pu éparpiller des fibres d'amiante dans les environs.

Aucun seuil de dangerosité n'a été franchi dans l'immédiat

Les pompiers ont réalisé des mesures de toxicité des fumées et " aucun seuil de dangerosité n'a été relevé", a assuré la mairie à l'AFP. La municipalité a également promis que les riverains gênés par les odeurs ou les fumées seraient tous relogés. "Nous ne sommes pas dans le cadre d'un incendie comme [celui de] Lubrizol, où il y avait un risque chimique, nous sommes bien sur un risque de fibre d'amiante, ce n'est pas le même niveau de dangerosité", a souligné Fatima El Khili.

Des retours d'analyse attendus sous deux à trois jours

Alors que les investigations se poursuivent pour identifier les causes de l'incendie, des analyses sont en cours dans un périmètre établi autour des lieux du sinistre. Cette zone concerne des quartiers du sud de Rouen et la commune limitrophe du Petit-Quevilly (Seine-Maritime). "Le principe de précaution prévaut", a déclaré à l'AFP l'adjointe Fatima El Khili, alors que des établissements scolaires sont situés dans cette zone.

"Toutes les écoles et les crèches sur cette zone sont contrôlées par nos équipes pour vérifier qu'il n'y a pas de débris dans les cours et aux alentours, nos équipes vont nettoyer si tel était le cas", a-t-elle ajouté. Une école maternelle et élémentaire, celle des Pépinières Saint-Julien, restera fermée jusqu'à mardi. Les résultats de l'analyse des prélèvements devraient être connus "mardi soir ou mercredi", a fait savoir la municipalité.

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