Fusillade dans un Thalys : ce que l'on sait

Ce vendredi un homme a ouvert le feu dans un TGV Thalys. Il a été maîtrisé par plusieurs passagers dont deux militaires américains. Son identité n'a pas encore été établie avec certitude. Il est en garde à vue.

(La police scientifique dans le wagon où un homme a tiré sur les passagers © Reuters-Pascal Rossignol)

Les faits

Vendredi à 17h45, dans le train 9364 entre Amsterdam et Paris, un homme arme sa kalachnikov dans les toilettes d’un wagon de queue et s'engage dans le couloir. . Un premier voyageur, un Français de 28 ans employé dans une banque aux Pays-Bas, tente de désarmer l'homme alors que celui-ci sort des toilettes. L'agresseur parvient à lui échapper, tire plusieurs coups de feu. Un passager d'une cinquantaine d'années, de nationalité franco-américaine, est atteint. Deux passagers, des militaires américains en vacances, Alek Skarlatos et Spencer Stone, aidés par un Britannique Chris Norman, réussissent à désarmer l'agresseur et à le maîtriser. Dans la bagarre, Spencer Stone est blessé à coups de cutter ce qui ne l'empêche pas de porter secours au passager qui a été touché à la gorge par un coup de feu.

Ce sont eux qui vont réussir à le neutraliser avec le soutien d'un étudiant californien et d'un consultant britannique. Dans la bagarre, l'un des Américains est blessé lui aussi, à l'arme blanche, probablement avec un cutter. "L'arme du tireur s'est enrayée ", avance Chris Norman, le consultant britannique.

Bernard Cazeneuve explique le déroulé des faits et la première intervention du Français
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Sans leur "sang-froid nous aurions peut-être été confrontés à un drame terrible", a déclaré Bernard Cazeneuve.

CNN a diffusé ce samedi matin une vidéo amateur où on voit l'homme ligoté.

L'acteur Jean-Hugues Anglade, présent dans le train, est légèrement blessé en tentant d'actionner le signal d'alarme. Il accusera les agents du Thalys de s'être enfermés dans une voiture et d'avoir refusé d'ouvrir aux passagers qui demandaient leur aide.

 

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Le suspect

Il a été formellement identifié samedi soir par ses empreintes digitales. Il s'agit de Ayoub El Khazzani, Marocain de 26 an. Il  faisait l’objet d’une fiche "S" une fiche de sûreté de l’Etat, celle des services de renseignements. Elle désigne les personnes potentiellement menaçantes pour la sûreté de l’Etat. Il était également connu au niveau européen comme potentiellement dangereux. Dans le Thalys ce vendredi, il était armé d’une kalachnikov, une arme de poing, une arme blanche et de multiples chargeurs. Selon nos informations, pour son deuxième jour de garde à vue, Ayoub El Khazzani, nie les faits qui lui sont reprochés et tout projet terroriste. Il assure avoir trouvé les armes - une kalachnikov, neuf chargeurs, une arme de poing, un cutter - dans un parc de Bruxelles, et avoir voulu rançonner les passagers du Thalys.

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Les enquêtes  

La section antiterroriste du parquet de Paris s’est saisie de l’enquête. L'homme arrêté à Arras a été transféré tôt dans la matinée de ce samedi au siège de la sous-directionantiterroriste de la police judiciaire et de la DGSI à Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine. Sa garde à vue peut durer jusqu'à 96 heures.  Le parquet antiterroriste a mobilisé les services du ministère de l’Intérieur comme la SDAT (sous-direction antiterroriste) et la Direction centrale de la police judiciaire. De son côté le parquet belge a ouvert une enquête "sur la base de la loi antiterrorisme" et "sur la base du fait que le suspect est monté dans le train à Bruxelles". C'est ce qu'a indiqué le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sypt.

 

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