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"Rien n'est en place" pour accueillir Redoine Faïd en prison selon le syndicat pénitentiaire des surveillants

Le secrétaire national adjoint du Syndicat pénitentiaire des surveillants estime sur franceinfo que rien n'a été fait depuis l'évasion de Redoine Faïd, il estime que les difficultés du métier de surveillant ne sont toujours pas prises en compte. 

Article rédigé par
Édité par Thomas Pontillon - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Selon le secrétaire national adjoint du Syndicat pénitentiaire des surveillants, rien n'est en place pour accueillir Redoine Faïd en prison.  (THIERRY CREUX / MAXPPP)

"Rien n'est en place" pour accueillir Redoine Faïd en prison après sa cavale, affirme mercredi 3 octobre sur franceinfo Philippe Kuhn, secrétaire national adjoint du Syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS). "Dans la prison de Réau par exemple [d'où l'ancien fugitif s'est évadé le 1er juillet dernier], les filets anti-hélicoptère ne sont toujours pas mis", rajoute-t-il. Philippe Kuhn déplore que l'administration pénitentiaire "regarde vers les surveillants pour voir s'ils n'avaient pas fait une boulette lors de l'évasion de Redoine Faïd".

franceinfo : Est-ce possible de l'accueillir à nouveau en prison ?

Philippe Kuhn : Rien n'est en place. Dans la prison de Réau par exemple [d'où Redoine Faïd s'est évadé le 1er juillet dernier], les filets anti-hélicoptère ne sont toujours pas mis, l'administration pénitentiaire nous met toujours en porte-à-faux, ne prend pas en compte tous les éléments de sécurité que nous avons mis en place. Redoine Faïd avait très bien été suivi par les services de renseignement. Tout était mis dans les bacs pour que ce détenu puisse être transféré dès que possible parce qu'on avait déjà la suspicion d'évasion. On aurait pu déjouer cette tentative, mais la centrale n'a pas pris en compte l'avis du chef d'établissement.

Ca a changé depuis, vous êtes mieux écouté ?

Non, on est encore au point mort. Je reviens en arrière : depuis janvier, quand nos collègues ont été meurtris dans leur chair [lors des agressions de surveillants dans plusieurs prisons] les agressions continuent. On n'en tient pas compte ! On a du mal à recruter, c'est très difficile (...) Toutes les maisons d'arrêt de Paris sont très fragiles, exceptée Fleury-Mérogis, les surveillants sont au bord du burn-out, les cadences sont infernales. Dans certaines prisons, on a des détenus très dangereux, des terroristes. La dernière fois, faute d'effectifs, on en a même transféré un... sans escorte policière !

Vous parlez du mal-être des surveillants. Est-ce que l'on s'inquiète quand on est surveillant à voir revenir Redoine Faïd dans son établissement ?

Le plus dur c'est que l'administration pénitentiaire regarde vers les surveillants pour voir s'ils n'avaient pas fait une boulette lors de l'évasion de Redoine Faïd. A Réau, ils n'osent même pas en parler [de l'évasion], ils sont traumatisés. Et puis c'est dangereux d'assister à un tel événement. On a beaucoup de jeunes agents en région parisienne : je vous laisse imaginer dans quel état d'esprit ils sont.

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