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Enlèvement de Rifki : qui est le ravisseur présumé placé en détention provisoire ?

Le jeune homme de 24 ans, né à Mayotte, serait dans un "état psychologique fragile". Francetv info dresse son portrait.

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France Télévisions
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Ahmed A., le ravisseur présumé de Rifki, dans une voiture de police à Libourne (Gironde), le 16 août 2015. (MAXPPP)

Le ravisseur présumé du petit Rifki a été placé en détention provisoire, mardi 18 août, après l'ouverture d'une information judiciaire pour des chefs "d'enlèvement" et de "séquestration d'un mineur de 15 ans". "Agé de 24 ans et sans emploi, il est originaire de Mayotte, et a également vécu à Madagascar et La Réunion, pour s'installer finalement en métropole depuis le printemps 2015", précise le parquet de Rennes, dans un communiqué.

Lors de son audition devant les policiers, le ravisseur a avoué "un geste accidentel, qui peut être assimilé à un geste sexuel", sur le garçonnet de 4 ans enlevé samedi à Rennes (Ille-et-Vilaine), selon son avocate Emmanuelle Khan-Renault, interrogée par francetv info.

Il a subi de nombreux sévices dans son enfance

Ahmed A., 24 ans, né à Mayotte, a "un parcours fracassé", selon les mots de son avocate, contactée par francetv info. "Il a été victime de sévices sexuels et de maltraitances durant son enfance : on l'a tabassé, on lui a brûlé les bras avec des cigarettes, et son grand-père lui tapait sur le sexe avec divers objets, rapporte Me Emmanuelle Khan-Renault. Il a commencé à fumer du cannabis dès l'âge de 8 ans parce que son père, qui en consommait, l'envoyait chercher du shit."

"Tout petit", Ahmed A. a été enlevé à la garde de sa famille pour être placé en foyer, où il aurait à nouveau subi des sévices sexuels. "Il l'a signalé à plusieurs reprises, aussi bien à Mayotte que lorsqu'il était à La Réunion par la suite", précise l'avocate. Le jeune homme, qui souffre de crises d'épilepsie et est analphabète, a été transféré de foyer en foyer, avant de rejoindre l'Hexagone en juin dernier.

Il a passé quatre jours avec la famille de Rifki

Le ravisseur présumé de Rifki était "inscrit dans un foyer à Rennes" lorsqu'il a rencontré la famille du petit garçon, rapporte Me Khan-Renault. Mardi 11 août, "un homme nous a abordés. Il disait s'appeler Ahmed et (...) nous avons sympathisé", confirme Ali Sago, l'oncle du petit garçon, à Ouest France.

Ahmed A. se serait alors "incrusté" chez un ami de la famille, qui a accepté de les héberger. "Pendant notre séjour chez François, il m'a paru bizarre, se souvient Ali Sago. Ce jeune de 24 ans passait ses journées à ne rien faire, si ce n'est à jouer sur sa tablette..."

C'est durant ce séjour qu'Ahmed A. aurait eu, sur l'enfant, un "geste accidentel, qui peut être assimilé à un geste sexuel", selon son avocate. L'incident s'est produit avant le rapt, "sans doute vendredi 14 août", la veille de l'enlèvement.

Il présente un "équilibre psychologique fragile"

Les raisons qui ont poussé Ahmed A. à enlever le petit Rifki, samedi 15 août, restent inconnues. "Il s'est enfermé dans une logique curieuse. Il est parti avec Rifki dans des conditions ubuesques, et dit que son but était de revenir à Rennes, précise Emmanuelle Khan-Renault. Mais il affirme qu'il n'avait plus de batterie sur son portable, ni de forfait pour prévenir la mère de l'enfant."

Le ravisseur présumé ne voulait en outre "pas rentrer dans un café pour demander s'il pouvait passer un coup de fil, parce que c'était 'contre sa coutume'", rapporte son avocate. A cause de ses démêlés avec la justice, Ahmed A. ne voulait pas déposer le garçon dans un commissariat. Le jeune homme fait actuellement l'objet "de poursuites pour des faits d'agression sexuelle au préjudice d'un mineur" de moins de 15 ans, et doit être jugé pour ces faits en janvier 2016, à Rennes.

"Il devait être entendu par un expert psychiatre en septembre pour cette affaire, et il le sera aussi pour l'enlèvement de Rifki", ajoute son avocate, qui estime que son client a un "défaut de logique". "Il ne souffre pas de déficience intellectuelle, mais il raisonne curieusement et il a un équilibre psychologique fragile", conclut Emmanuelle Khan-Renault.

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