Marseille : une nouvelle "marche de la colère" après les effondrements d'immeubles

Les manifestants demandent des comptes aux élus marseillais, dix jours après l'effondrement d'immeubles vétustes qui a fait huit morts.

Des manifestants défilent à Marseille, le 14 novembre 2018, dix jours après l\'effondrement meurtrier d\'un immeuble dans le quartier de Noailles.
Des manifestants défilent à Marseille, le 14 novembre 2018, dix jours après l'effondrement meurtrier d'un immeuble dans le quartier de Noailles. (FRANCEINFO)

Dix jours après l'effondrement d'immeubles délabrés qui a fait huit morts à Noailles, quartier du cœur populaire de Marseille, des centaines de manifestants "en colère" ont défilé mercredi 14 novembre entre la rue d'Aubagne, où a eu lieu le drame, et l'hôtel de ville.

Au départ de la marche, les manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles étaient inscrits des messages comme "Sang sur les mains, menottes aux poignets" ou "Elus, responsables, que la justice passe". Ils se sont réunis à l'appel d'un "Collectif du 5 novembre", date de l'effondrement des immeubles.

Jean-Claude Gaudin visé par les manifestants

Au slogan de "Gaudin assassin", les manifestants ont commencé à descendre la rue d'Aubagne vers l'hôtel de ville, sur le Vieux Port, en brandissant les portraits de plusieurs des huit victimes du drame, cinq hommes et trois femmes. Très critiqué depuis le drame, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, aux commandes de la ville depuis 1995, avait pour la première fois reconnu dimanche n'avoir "pas assez fait" pour lutter contre l'habitat insalubre, au lendemain d'une "marche blanche" qui avait rassemblé des milliers de Marseillais appelant à sa démission.

Dans un courrier adressé mardi au maire de Marseille et à Martine Vassal, la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence et du département des Bouches-du-Rhône, les ministres du Logement Julien Denormandie et de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault ont "proposé l'accompagnement de l'Etat", notamment pour la mise en sécurité des bâtiments, via un diagnostic mené "sans délais", ou pour une "lutte sans merci contre les marchands de sommeil".

Mardi, une série de perquisitions ont eu lieu dans différents services de la mairie de Marseille et au siège du bailleur social propriétaire d'un des immeubles effondrés, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Marseille pour connaître les causes de l'effondrement et établir d'éventuelles responsabilités.