Les recherches pour retrouver le corps de Fiona n'ont rien donné

Les fouilles menées près de Clermont-Ferrand mardi n'ont pas permis de retrouver le corps de la fillette. 

Des véhicules de la police amènent Berkane Maklouf, le beau-père de Fiona, sur les lieux des recherches, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 13 mai 2014.
Des véhicules de la police amènent Berkane Maklouf, le beau-père de Fiona, sur les lieux des recherches, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 13 mai 2014. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Encore une vaine tentative de découvrir la vérité sur l'affaire Fiona. Un an après la disparition de la fillette de 5 ans, de nouvelles fouilles ont eu lieu mardi 13 mai, près de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), pour tenter de retrouver le corps de l'enfant. Ces recherches étaient très attendues pour la suite de l'enquête, car l'autopsie aurait permis de déterminer les circonstances de la mort de Fiona. Les versions de Cécile Bourgeon, la mère, et de son concubin, Berkane Maklouf, sur ce drame ne concordent toujours pas.

Comment les recherches se sont-elles déroulées ?

Les recherches ont duré six heures. Elles ont commencé avec les policiers mardi matin en présence du beau-père de Fiona. Berkane Maklouf, 33 ans, est arrivé un peu après 10 heures à bord d'un fourgon cellulaire sur les lieux, à proximité du lac d'Aydat, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Clermont-Ferrand. Mais cette première phase de recherches n'a rien donné.

Les fouilles ont repris dans l'après-midi en présence de la mère de Fiona, Cécile Bourgeon, 26 ans. Les deux juges d'instruction chargés du dossier, ainsi que le patron de la police judiciaire de Clermont-Ferrand, François Bernard, ont assisté aux recherches. Cette deuxième session a elle aussi été infructueuse.

La date du 13 mai avait été retenue car "la nature [a] la même configuration" que l'an dernier, ce qui pourrait permettre au couple de retrouver la mémoire, selon le procureur, Pierre Sennès.


Est-on sûr de la zone de recherches ?

Depuis les aveux de Berkane Maklouf et Cécile Bourgeon en septembre, les enquêteurs ont déjà effectué trois fouilles avec les deux suspects. Mais cette fois, les policiers ont tenté d'affiner la zone de recherches, comme l'explique le patron de la PJ locale, François Bernard : "On a fait des analyses de toutes les déclarations des mis en examen, on a recoupé avec des repérages par hélicoptère et on a repéré quelques endroits qui collent." 

Le beau-père de la petite Fiona a cru reconnaître "deux ou trois endroits" où elle aurait pu être enterrée, "mais sans être précis", a déclaré son avocat, Mohamed Khanifar. "Chaque fois, on s'est heurté aux limites de ses souvenirs et il aimerait bien avoir confirmation de sa compagne pour savoir si elle est en capacité de confirmer son sentiment", a poursuivi l'avocat, soulignant que l'itinéraire des recherches "suivait les orientations" de Cécile Bourgeon.

Après quatre mois de mensonges, le couple de toxicomanes avait avoué que la petite Fiona était morte après avoir été battue. Ils ont expliqué l'avoir enterrée, nue, en lisière de forêt, mais sans pouvoir préciser à quel endroit. Mais les enquêteurs continuent à douter des différentes versions du couple, au point qu'ils ne sont même pas sûrs que le corps soit enterré. "Pour enterrer quelqu'un, il faut une pelle… Or, ils n'en avaient pas !" avait confié en octobre un enquêteur au Point.fr.

Que se passera-t-il si l'on ne retrouve pas le corps ?

Dans quelques mois, le procès de Berkane Maklouf et Cécile Bourgeon devrait s'ouvrir devant la cour d'assises du Puy-de-Dôme. Si le corps de Fiona n'a pas été retrouvé, le déroulement de ce procès en sera affecté. "Pour les jurés, ce type d'affaires est toujours plus complexe", explique au journal La Montagne l'ancien président de cour d'assises Joël Montcriol.

Selon cet ancien magistrat, l'absence de cadavre fragilise le dossier, puisque aucune réalité scientifique ne peut être confrontée aux déclarations. Comme le détaille BFMTV, il n'existe pas d'autres éléments matériels dans ce dossier. En revanche, l'absence de corps n'empêche pas la condamnation des accusés. En droit français, la culpabilité pour un meurtre peut être établie sur la simple base de témoignages.