Jonathann Daval reconnaît avoir voulu "donner la mort" à Alexia

"Quoi qu'il en soit, je lui ai donné la mort, oui, quand on étrangle quelqu'un comme ça, c'est pour donner la mort", a-t-il répondu au président de la cour.

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Jonathann Daval dessiné dans son box au premier jour de son procès pour le meurtre de son épouse Alexia, le 16 novembre 2020.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

C'est la première fois qu'il l'admet explicitement. Jonathann Daval a reconnu jeudi 19 novembre devant les assises de la Haute-Saône avoir voulu "donner la mort" à son épouse Alexia, à la reprise de son interrogatoire interrompu par un malaise la veille au soir.

"Quoi qu'il en soit, je lui ai donné la mort, oui, quand on étrangle quelqu'un comme ça, c'est pour donner la mort", a-t-il expliqué au président de la cour Matthieu Husson. "C'est donc la mort que vous vouliez?", a insisté le président. "Ben oui", a lâché l'accusé.

"Quand j'ai senti qu'elle s'affaissait, j'ai relâché"

C'est "la colère de toutes ces années qui est ressortie (...) D'où l'étranglement pour qu'elle se taise", a-t-il raconté. "Les coups étaient rapides et c'est parti sur la strangulation", a-t-il poursuivi. "Je l'ai saisie par le cou, j'ai serré, le temps, on l'a estimé à 4 minutes, mais moi je ne peux pas vous estimer le temps".

"Quand j'ai senti qu'elle s'affaissait, j'ai relâché", a-t-il ajouté. Selon lui, Alexia l'avait mordu, déclenchant sa rage : "La morsure, ça m'a mis hors de moi (...) J'ai fait cocotte-minute, j'ai débordé".

"Je lui cogne deux fois la tête contre le mur avant de la frapper. Avant, je n'osais pas admettre que j'avais fait ça... Je ne me suis jamais battu. Jamais donné de coups de poing", a ajouté Jonathann Daval, qui comparaît pour "meurtre sur conjoint" et encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Cette reconnaissance par Jonathann Daval de son intention de donner la mort est importante pour la qualification des faits. Même s'il est bien renvoyé pour "meurtre sur conjoint", l'avocat de la défense, Randall Schwerdorffer, avait demandé la requalification des faits en "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

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