Collégien poignardé à Reims : un adolescent mis en examen pour "tentative de meurtre"

Le suspect faisait l'objet d'insultes, notamment de la part de la victime, après avoir diffusé mi-mai sur le réseau social Instagram un clip de rap qu'il avait tourné.

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France Télévisions
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Le collège Saint-Joseph de Reims, où sont scolarisés le suspect et la victime, en juillet 2020. (GOOGLEMAPS)

Un adolescent de 14 ans, suspecté d'avoir très grièvement blessé avec un couteau un camarade de collège à Reims mercredi 2 juin, après avoir été moqué sur Internet, a été mis en examen pour "tentative de meurtre sur mineur de 15 ans", a annoncé le parquet vendredi. Le garçon a été placé en détention provisoire.

Mercredi aux alentours de midi, le mis en cause aurait donné rendez-vous dans une rue de l'hyper-centre à la victime, du même âge, pour en découdre. Il est soupçonné de l'avoir, en quelques secondes, frappée d'un coup de poing puis d'un coup d'Opinel à la tempe. Les jours de la victime étaient toujours en danger vendredi, le cerveau ayant été touché.

Les deux adolescents sont scolarisés dans des classes différentes de quatrième du collège-lycée privé Saint-Joseph de Reims, un établissement huppé de la ville. Aucun n'a d'antécédent judiciaire.

"Il n'a exprimé aucun regret"

"II n'a exprimé aucun regret durant les 48 heures de garde à vue, ni de mot de compassion envers la victime et sa famille", a rapporté le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, en conférence de presse.

Le suspect faisait l'objet d'insultes après avoir diffusé mi-mai sur le réseau social Instagram un clip de rap qu'il avait tourné. Il y apparaissait avec l'Opinel utilisé lors de l'agression. Il s'est défendu d'avoir prémédité de s'en servir. "La diffusion de ce clip lui avait valu d'être victime de moqueries de la part de plusieurs de ses camarades et notamment de la part de la victime, ce qu'il avait eu du mal à supporter", a expliqué le magistrat. Selon le mise en cause, les deux garçons s'étaient déjà battus lundi au sein de l'établissement, à mains nues, et la victime aurait eu "le dessus".

Entendus, ses parents ont décrit un fils "gentil, réservé", qui aurait connu plusieurs situations de harcèlement dès l'école primaire. Ils avaient déposé une main courante un an plus tôt, après un différend dans le collège public où leur fils était alors scolarisé. Selon le procureur, "l'intéressé a eu beaucoup de difficulté à s'intégrer" à Saint-Joseph.

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