Ce que l'on sait (et ce que l'on ignore encore) de la prise d'otages dans le 10e arrondissement de Paris

L'homme qui a été interpellé a fait part de revendications "incohérentes", selon une source proche du dossier. Deux personnes ont été libérées lors de l'assaut et sont saines et sauves.

Des gendarmes dans la rue des Petites-Ecuries, à Paris, sur le lieu d\'une prise d\'otages, le 12 juin 2018.
Des gendarmes dans la rue des Petites-Ecuries, à Paris, sur le lieu d'une prise d'otages, le 12 juin 2018. (LUCAS BARIOULET / AFP)

L'inquiétude a duré plus de trois heures. Un homme a pris en otages plusieurs personnes dans un immeuble du 10e arrondissement de Paris, mardi 12 juin. Lorsque l'assaut a été donné, il détenait encore deux otages, qui ont été libérés sains et saufs. Le forcené, lui, a été interpellé et placé en garde à vue avant d'être transféré dans la nuit à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Les raisons de son acte restent inconnues.

Franceinfo revient sur ce que l'on sait et ce que l'on ignore encore de cette prise d'otages, au sujet de laquelle une enquête a été ouverte.

Ce que l'on sait

• La prise d'otages a duré plus de trois heures. Le forcené s'est introduit vers 16 heures dans un immeuble de la rue des Petites-Ecuries, dans le 10e arrondissement parisien, un quartier animé du centre de Paris. Un important périmètre de sécurité a été mis en place et des personnes qui s'y trouvaient ont été évacuées ou confinées. Des négociations ont été entamées avec le preneur d'otages, avant que l'assaut soit donné par la BRI. La fin de la prise d'otages a été annoncée peu avant 20 heures.

• L'individu s'était fait passer pour un livreur. Le suspect a pénétré dans l'immeuble en se présentant comme un livreur de repas, indique Le Parisien. Une fois à l'intérieur, il aurait frappé un homme à l'arcade sourcilière. Celui-ci se serait ensuite enfui pour donner l'alerte.

• Une arme blanche et un faux fusil. Le preneur d'otages était armé d'un couteau et d'un fusil d'assault de type HKG 36 qui se révèlera être en plastique, indique le quotidien.

• Un robot lanceur d'eau utilisé. Après plusieurs heures de négociations infructueuses, la BRI décide de donner l'assault. Selon une source policière interrogée par France 3, le preneur d'otages se serait aspergé d'essence peu de temps auparavant. Un robot lanceur d'eau des pompiers a ainsi été utilisé pour "nettoyer" la zone, indique Le Parisien

• Deux otages ont été libérés lors de l'assaut. L'un d'entre eux avait été aspergé de carburant, a indiqué une source policière à franceinfo. Ils ont été retrouvés sains et saufs, selon la préfecture de police de Paris.

• L'auteur interpellé, puis hospitalisé. Le preneur d'otages est un Marocain âgé de 26 ans. Il a été placé en garde à vue après son interpellation, mais cette garde à vue a été levée dans la nuit après son transfert à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police.

• Le preneur d'otages pas fiché S. Selon une source judiciaire, il n'était pas fiché S et ne figurait pas au Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

• Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, pour les chefs d'"enlèvement et séquestration", "violences avec arme" et "tentative d'homicide volontaire", notamment. Elle a été confiée au 2e district de police judiciaire de Paris.

Ce que l'on ne sait pas encore

• Les motivations du preneur d'otages. Selon une source proche du dossier, les revendications qu'il a formulées lors de ses échanges avec les négociateurs sont jugées "incohérentes". Il a affirmé être en possession d'une bombe, sans que l'on sache si c'était réellement le cas. A ce stade, les faits sont considérés comme une affaire de droit commun.

• L'existence d'une éventuelle cible. La prise d'otages s'est déroulée dans un immeuble qui abrite notamment l'agence de communication Mixicom, une régie publicitaire qui travaille, entre autres, avec des youtubeurs comme Squeezie, Norman ou Cyprien. Mais on ignore si le forcené avait délibérément choisi ce lieu.