Enseignante braquée avec une arme factice à Créteil : ce que l'on sait de l'affaire

Un lycéen de seize ans a été mis en examen pour "violences aggravées", car commises avec arme, sur un enseignant et dans un établissement scolaire.

Un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) pointe une arme factice sur une professeure, le 18 octobre 2018.
Un élève du lycée Edouard-Branly de Créteil (Val-de-Marne) pointe une arme factice sur une professeure, le 18 octobre 2018. (SNAPCHAT)

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux. Une information judiciaire a été ouverte après qu'un élève a pointé une arme factice sur une professeure, dans un lycée de Créteil (Val-de-Marne). Un lycéen de 16 ans a été mis en examen pour "violences aggravées", car commises avec arme, sur un enseignant et dans un établissement scolaire. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait. 

Que s'est-il passé ?

C'est Le Parisien qui a révélé l'affaire et mis en lumière les images qui circulaient sur internet. La scène s'est déroulée jeudi 18 octobre au lycée Edouard-Branly de Créteil. "Tu me mets absent", intime d'abord l'élève à l'enseignante en braquant une arme dans sa direction, avant de se reprendre : "Tu me mets présent". Alors que la classe est en plein chahut, un autre élève, masqué, se tourne vers celui qui filme et fait plusieurs doigts d'honneur.

"L'enseignante, qui semble plus lasse qu'apeurée, fixe l’écran de son ordinateur et échange quelques mots inaudibles avec des élèves", note Le Parisien"Quand vous faites face à une situation de ce type, c'est difficile de savoir comment réagir. Il ne faut pas que la situation s'emballe", confie à France 3 Didier Sablic, du syndicat SNEP FSU 94. 

Comment le jeune homme justifie-t-il son geste ? En garde à vue, l'adolescent qui a braqué l'enseignante affirme avoir réagi parce que la professeure lui comptait une absence pour un retard. Il craignait, dit-il, d'être puni par son père et reconnaît une bêtise, selon une source proche du dossier interrogée par France 2.

Quelles suites ont été données à cette affaire ? 

L'enseignante a déposé plainte pour "menaces avec arme et diffusion d'images", vendredi après-midi, au commissariat de Créteil, accompagnée par sa hiérarchie, a indiqué le rectorat de l'académie à France Bleu Paris. Une enquête a été ouverte et confiée à la brigade de sûreté territoriale du Val-de-Marne.

Dimanche 21 octobre, un lycéen a été mis en examen pour "violences aggravées", car commises avec arme, sur un enseignant et dans un établissement scolaire. Des mesures provisoires ont aussi été prises à l'encontre de cet adolescent de 16 ans, dont l'interdiction d'entrer en contact avec la victime, l'interdiction de séjourner dans le Val-de-Marne, l'interdiction de porter et de détenir une arme ou encore l'obligation de formation ou de scolarité et l'obligation d'évaluer sa personnalité.

Une arme a été saisie au domicile de l'un des jeunes interpellés. L'arme utilisée est un pistolet factice "de type airsoft", explique une source policière à France Bleu Paris. 

Un deuxième lycéen qui avait été placé en garde-à-vue vendredi a été libéré, samedi 20 octobre. Une information judiciaire a aussi été ouverte aussi contre X pour diffusion de vidéo afin d'identifier l'auteur des images qui les a mises en ligne. 

Les élèves de première professionnelle impliqués sont "placés en mesure conservatoire en attendant un conseil de discipline, qui ne présage pas du reste des démarches judiciaires. La justice suivra son cours", a assuré à franceinfo Didier Sablic. L'enseignante, elle, s'est vu délivrer une interruption temporaire de travail de 7 jours. Elle va avoir une écoute psychologique, selon une source proche de l'enquête à france 2.

Quelles sont les réactions ? 

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a rapidement réagi sur Twitter. "Les mesures les plus rigoureuses ont été prises immédiatement, plainte déposée, garde à vue qui seront suivies des sanctions disciplinaires. Solidarité avec le professeur", a-t-il assuré, ajoutant condamner "avec fermeté" ces "actes de menace". 

La présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, s'est elle dit "scandalisée par ce nouvel acte de violence".

Emmanuel Macron a réagi samedi soir à cette affaire. Sur Twitter, il estime que "menacer un professeur est inacceptable" et il précise avoir demandé à ses ministres "de prendre toutes les mesures pour que ces faits soient punis et définitivement proscrits des écoles."

Dimanche, les ministres de l'Éducation et de l'Intérieur ont annoncé la réunion la semaine prochaine d'un comité stratégique pour un "plan d'actions ambitieux" contre les violences visant les enseignants. Dans un communiqué commun, ils ont de nouveau condamné "les menaces et avanies" subies par l'enseignante ainsi que la diffusion de la vidéo, et réitéré leur "total soutien" à la professeure et à "l'ensemble de la communauté éducative".