Blue Whale Challenge : l'association de prévention e-Enfance a reçu "plus d'une centaine d'alertes" liées à ce "jeu" morbide

Le Blue Whale Challenge pousse les adolescents à relever une série de défis qui vont jusqu'au suicide. Justine Atlan, présidente de l'association e-Enfance dénonce un "jeu morbide", responsable de la mort de plusieurs jeunes en Russie.

Le jeu Blue Whale Challenge, apparu sur le Facebook russe Vkontake pousse les adolescents au suicide. 
Le jeu Blue Whale Challenge, apparu sur le Facebook russe Vkontake pousse les adolescents au suicide.  (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Justine Atlan, présidente d'e-Enfance, une association de prévention des enfants sur Internet, a dénoncé dimanche 26 mars sur franceinfo un jeu morbide circulant sur les réseaux sociaux qui "pousse les ados au suicide". Intitulé Blue Whale Challenge (Challenge de la baleine bleue), il s'inspirerait d'une croyance populaire voulant que les baleines bleues soient capables de s'échouer sur les plages pour mourir

Venu de Russie, ce jeu devenu viral encourage les jeunes à relever des défis pendant cinquante jours, dont le dernier a pour principe de se donner la mort. En février 2017, deux jeunes filles de 15 et 16 ans se sont jetées ensemble du toit d'un immeuble en Russie. Une autre, âgée de 14 ans, s'est jetée sous un train tandis qu'une quatrième victime a été retrouvée grièvement blessée après avoir sauté du 5e étage d'un bâtiment.

Même si aucune victime française n'est à déplorer jusqu'ici, le phénomène inquiète aussi les autorités. La gendarmerie du Pas-de-Calais et l'association Prévention suicide notamment ont ainsi alerté les parents sur Facebook et Twitter. 

franceinfo : Comment les adolescents sont-ils amenés de relever ces défis ?

Justine AtlanC'est un défi comme les adolescents s'en lancent beaucoup entre eux. Mais le but ultime de celui-là est de prouver qu'on est capable de se donner la mort. L'adolescent accepte de relever un défi en 50 étapes. Plus il avance, plus les défis sont dangereux et plus cela prouve qu'il n'a pas peur de la mort. Le défi du 50e jour est de se jeter d'un toit ou sous un train. Pour l'instant, en France, nous n'avons pas de suicide d'adolescent directement lié au Blue Whale Challenge. Un adolescent en bonne santé psychique ne va pas faire ce challenge jusqu'au bout. Mais un adolescent en grande fragilité psychologique est déjà dans la problématique de ne pas mériter sa vie. Il va être une proie beaucoup plus facile. 

Quels sont les signes avant-coureurs ?

Souvent, ce sont les différentes étapes des challenges. Au départ, les actes ne sont pas dangereux et pas forcément visibles pour les parents. Mais, quand on va leur demander de se scarifier ou d'aller se mettre au bord d'une fenêtre les jambes dans le vide, cela doit alerter les parents. Il y a les parents, mais il y a aussi les amis des adolescents qui sont inquiets, et se demandent comment les faire sortir de là. Cela fait un mois que nous avons été saisis de manière soudaine par ce phénomène. Nous avons eu plus d'une centaine d'alertes.

Qui est derrière ce jeu ?

Nous ne savons pas qui est derrière, cela vient de Russie. Soit il s'agit de réseaux mafieux pour ensuite utiliser l'adolescent pour autre chose, soit c'est un défi et les "parrains" du jeu se passent le relais comme les victimes, soit ce sont des adolescents malveillants qui vont utiliser le Blue Whale pour se nuire entre eux. C'est difficile de remonter à la source.

"Depuis un mois, nous avons eu une centaine d'alertes", Justine Altan, présidente de l'association e-enfance.
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