Quatre arrestations dans l'enquête sur l'attaque de Joué-les-Tours perpétrée en décembre 2014

Le 20 décembre 2014, un homme avait fait irruption dans le commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) aux cris "d'Allahou Akbar". Il avait blessé trois policiers à l'arme blanche avant d'être abattu.

Le commissariat de police de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) après l\'attaque le 20 décembre 2014.
Le commissariat de police de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) après l'attaque le 20 décembre 2014. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Quatre hommes ont été placés en garde à vue pour "association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste criminelle", , mercredi 14 octobre, dans l'enquête sur l'attaque contre le commissariat de Joué-les-Tours (Indre-et-Loire) en 2014. 

Le 20 décembre 2014, Bertrand Nzohabonayo était entré dans le commissariat et avait blessé à l'arme blanche trois policiers. Il avait ensuite été tué par les policiers qu'il avait agressés. Selon certaines personnes, il a crié "Allahou Akbar" (Dieu est le plus grand). Mais le doute subsiste sur ce point, ainsi que sur la nature religieuse de ses motivations. Par ailleurs, les policiers qui l'avaient tué étaient en état de légitime défense, d'après le procureur de Tours.

Les suspects arrêtés en Gironde, Indre-et-Loire et Loir-et-Cher

Certains suspects arrêtés mardi sont connus pour leur radicalisation et leurs liens avec la mouvance salafiste. Trois d'entre eux ont été interpellés dans les régions de Bordeaux (Gironde) et Tours (Indre-et-Loire) par la sous-direction antiterroriste, appuyée par le Raid. "Un quatrième qui habite Montoire-sur-le-Loir" (Loir-et-Cher) a également été arrêté, selon une autre source proche du dossier.

L'exploitation du téléphone portable de l'auteur de l'attaque a permis de montrer qu'il avait été en contact avec les suspects arrêtés. Les enquêteurs cherchent à savoir quelle influence ils ont pu avoir sur l'agresseur.

Initiative isolée ou organisée ?

Début janvier, les parents de Bertrand Nzohabonayo avait lancé un appel à témoins "à toutes les personnes qui ont pu voir ce qui s'était passé" dans le commissariat et annoncé leur intention de se constituer partie civile. Pour eux, leur fils avait été amené au commissariat après avoir été interpellé et n'était pas "un terroriste".

Habitant Joué-lès-Tours mais naviguant entre les domiciles de membres de sa famille, Bertrand Nzohabonayo était connu pour des petits délits. Son frère, lui, est connu pour ses positions radicales. Le parquet antiterroriste, saisi de l'affaire, a la charge de déterminer s'il a agi de sa propre initiative ou dans le cadre d'une action organisée.