Attaque de la cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie à la voiture-bélier : "Rien ne pouvait laisser penser qu'on pourrait un jour s'attaquer au trésor", déclare le maire

Hervé Lucbéreilh, maire d'Oloron-Sainte-Marie, réagit sur franceinfo après l'attaque de la cathédrale de la commune à la voiture-bélier.

La cathédrale d\'Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques.
La cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques. (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

"Rien ne pouvait laisser penser qu'on pourrait un jour s'attaquer au trésor de cette manière-là", a déclaré lundi 4 novembre sur franceinfo Hervé Lucbéreilh, maire d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), après l'attaque à la voiture-bélier contre la cathédrale de la commune dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 novembre. "C'est un patrimoine moral inestimable pour les Oloronais et qui nous manquera", estime le maire.

franceinfo : Que s'est-il passé cette nuit ?

Hervé Lucbéreilh : Vers 2h du matin, nous avons été avertis par un riverain qu'une voiture-bélier qui contenait un tronc d'arbre s'était approchée de la cathédrale et avait enfoncé la porte latérale. Les forces de gendarmerie se sont rendues très rapidement sur place, ainsi que moi-même, et nous avons constaté que le trésor de la cathédrale avait été violé puisque les grilles avaient été sciées, les vitrines cassées et l'ensemble des objets d'orfèvrerie (des calices, des ostensoirs, des éléments de culte qui dataient de la période des évêques d'Oloron) avaient totalement disparu. Les voleurs sont partis dans un autre véhicule que la voiture-bélier, ils l'ont abandonnée sur place. À l'aide des caméras de vidéoprotection, nous essayons de regarder si nous pouvons trouver une trace de leur passage et savoir quelle direction ils ont emprunté. Il y a une caméra sur le parvis de la cathédrale, et des caméras aux entrées et sorties de ville, ce qui permet de repérer un véhicule qui aurait quitté la ville après avoir commis son méfait.

La cathédrale avait-elle déjà été visée ou pillée ?

Non, il y avait eu un ou deux objets volés il y a une quarantaine d'années, des objets retrouvés chez des antiquaires. Mais jamais on a forcé les portes, nous avions une alarme, il y avait des grilles très fortes, des murs épais. Rien ne pouvait laisser penser qu'on pourrait un jour s'attaquer au trésor de cette manière-là.

C'est un trésor inestimable qui a été volé ?

Sur le plan marchand, il a une valeur que l'on doit pouvoir chiffrer. Mais c'est aussi un patrimoine moral inestimable pour les Oloronnais : la population est attachée à cette cathédrale qui est au coeur de notre cité, et dans lequel tous nos habitants ont une part de leur histoire inscrite sur chacun des murs et dans chacun des objets. Ça nous manquera. Une part de notre âme nous manquera.

Cette cathédrale, c'est un joyau classé au patrimoine mondial de l'Unesco ?

C'est un joyau de l'art roman, mais c'est aussi un joyau de l'art gothique, puisqu'elle a été construite entre les deux périodes. Ce qui fait sa richesse, c'est le porche qui a été sculpté par un sculpteur qu'on appelle "le Maître d'Oloron". Il a représenté tout un tas de scènes du Moyen-Age et ensuite il a exporté son savoir-faire en Espagne. La cathédrale c'est le cœur de la cité, c'est l'élément un peu noble de la ville, c'était là où officiaient les évêques, à côté de l'évêché. C'est un monument riche de patrimoine, de tableaux anciens, de mobilier et donc tous ces éléments d'orfèvrerie. Nous n'avons pas encore fait tout l'inventaire, je vais me rendre maintenant à nouveau à la cathédrale pour voir s'il ne manque pas d'autres choses.