France, Belgique, Espagne... Les connexions d'Amedy Coulibaly se précisent

L'enquête se poursuit autour de possibles compilicités dont a bénéficié l'auteur des attaques de Montrouge et du supermarché casher de la porte de Vincennes.

Capture d\'écran d\'une vidéo d\'Amedy Coulibaly, publiée le 11 janvier 2015.
Capture d'écran d'une vidéo d'Amedy Coulibaly, publiée le 11 janvier 2015. (AP / SIPA)

S'il a perpétré seul ses attaques terroristes, Amedy Coulibaly a peut-être bénéficié de complicités pour les préparer. C'est ce que cherchent à déterminer les enquêteurs. Une dizaine de personnes ont ainsi été interpellées en région parisienne dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 janvier. Francetv info revient sur les dernières avancées de l'enquête. 

L'ADN d'un suspect retrouvé dans la voiture de Coulibaly à Gentilly  

Selon i-Télé, parmi les 12 personnes interpellées, figurerait l'homme qui aurait fourni la Renault Mégane à Amedy Coulibaly. Les policiers seraient remontés jusqu'à ce suspect grâce aux empreintes génétiques laissées dans le véhicule, indique la chaîne d'information. Cet individu serait celui qui a apporté le plus grand soutien logistique au terroriste. Il serait aussi soupçonné d'avoir désactivé le "tracker" de la moto Suzuki aperçue par plusieurs témoins. 

Des perquisitions sont en cours à Montrouge (Hauts-de-Seine), où Amedy Coulibaly a tué une policière municipale la semaine dernière, à Grigny et Fleury-Mérogis (Essonne) ou encore à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), selon des sources policières.

La voiture d'Hayat Boumeddiene vendue à un trafiquant d'armes en Belgique

La justice belge a pu établir un lien entre Amedy Coulibaly et un trafiquant d'armes présumé domicilié en Belgique. Il s'agit de la voiture de la compagne du terroriste, Hayat Boumeddiene. Neetin Karasular, déjà connu de la justice pour divers trafics, a acheté ce véhicule. En échange de quelque chose ? C'est ce que cherche à déterminer la justice belge.

Lors d'une perquisition menée chez ce suspect, domicilié à Charleroi, les enquêteurs ont trouvé des documents prouvant un marchandage relatif à la voiture, une Mini Cooper, selon la RTBF, mais aussi des documents faisant état d'une négociation avec le terroriste français à propos d'armes et de munitions.

Dans les documents saisis, "il était notamment question d'un calibre peu courant, qui correspond au pistolet Tokarev que détenait Amedy Coulibaly" lors de l'attaque du supermarché casher de la porte de Vincennes, selon l'agence Belga. L'avocat de Neetin Karasular affirme que son client n'est "intervenu" que "comme intermédiaire" dans la transaction portant sur l'achat du véhicule. "Mais dans le dossier, il n'est pas question de cession d'armes avec qui que ce soit", ajoute-t-il, qualifiant de "fantasmes" les informations affirmant que la voiture a été échangée contre des armes.

Selon plusieurs médias belges, une partie des armes utilisées par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly auraient, en tout cas, été achetées en Belgique.

Amedy Coulibaly à Madrid avec les frères Belhoucine ? 

Le quotidien espagnol La Vanguardia a révélé jeudi qu'Amedy Coulibaly avait séjourné à Madrid pendant trois jours, entre les 30 décembre et le 2 janvier, date à laquelle Hayat Boumeddiene s'est envolée en Turquie. Selon ce journal, le couple n'était pas seul. Le terroriste était accompagné d'un individu encore non identifié. Selon Le Figaro, il pourrait s'agir de Mohamed Belhoucine, un Français de 27 ans condamné en juillet 2014 à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour sa participation à une filière acheminant des combattants en Afghanistan. D'après le quotidien, il se trouvait lui aussi à Madrid le 2 janvier. Et serait parti dans la foulée en Turquie puis en Syrie avec sa femme et son fils.

Tout comme son frère, Medhi Sabry Belhoucine, 24 ans, aperçu en compagnie d'Hayat Boumeddiene sur les images de vidéosurveillance de l'aéroport d'Istanbul (Turquie). Selon les autorités turques, il est avéré que la compagne d'Amedy Coulibaly est passée en Syrie le 8 janvier.