Attaque à la prison de Condé-sur-Sarthe : quatre détenus mis en examen

Ils sont soupçonnés de complicité avec le prisonnier radicalisé qui a violemment agressé deux surveillants le 5 mars. 

La prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), le 6 mars 2019.
La prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), le 6 mars 2019. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Quatre détenus de la prison d'Alençon/Condé-sur-Sarthe (Orne) ont été mis en examen, annonce le parquet de Paris, vendredi 22 mars. Ils sont soupçonnés de complicité avec le prisonnier radicalisé qui y a violemment agressé deux surveillants le 5 mars. Les quatres hommes avaient été déférés dans la matinée pour être présentés à un juge d'instruction. 

Cinq détenus avaient été placées lundi en garde à vue. Une information judiciaire doit être ouverte pour "tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste", "complicité" de ces crimes et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Une information judiciaire ouverte 

L'un d'entre eux a été mis en examen par un juge antiterroriste pour "complicité de tentative d'assassinats sur personnes dépositaires de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et pour "association de malfaiteurs terroristes criminelle", tandis que les trois autres l'ont été pour "association de malfaiteurs terroristes criminelle", a annoncé le parquet de Paris après avoir ouvert une information judiciaire.

Parmi ces trois derniers figure Jérémy Bailly, membre de la filière jihadiste de Cannes-Torcy. Il avait été condamné en juin 2017 à 28 ans de réclusion criminelle pour un attentat à la grenade à Sarcelles en 2012, des projets d'attaque et des séjours en Syrie.

Ces quatre suspects ont ensuite été de nouveau incarcérés, dans des prisons différentes, a précisé le parquet.

La garde à vue d'un cinquième prisonnier avait été levée jeudi soir, sans poursuite à ce stade.

Michaël Chiolo radicalisé en prison

Michaël Chiolo, 27 ans, avait agressé le 5 mars deux surveillants avec un couteau en céramique. L'assaillant, qui purgeait une peine de trente ans et s'est radicalisé en prison, s'était ensuite retranché avec sa compagne pendant près de dix heures dans l'unité de vie familiale (UVF) de l'établissement.

Après de vaines tentatives de négociations, les forces d'élite de la police avaient lancé l'assaut, blessant l'assaillant et tuant sa compagne Hanane Aboulhana.

Cette attaque a entraîné le blocage de plusieurs prisons en France. La mobilisation au centre de Condé-sur-Sarthe/Alençon, qui accueille des détenus particulièrement dangereux, radicalisés ou posant des problèmes de discipline, a duré 15 jours avant d'être levée mercredi.