"Monsieur le président, taisez-vous", somme le père d'un militaire tué par Merah

Le père d'Abel Chennouf, militaire tué par Mohamed Merah, s'est emporté contre le président Nicolas Sarkozy qui avait déclaré que les militaires étaient des musulmans "en tout cas d'apparence".

Les militaires du 17e régiment du génie parachutiste lors des funérailles d\'Abel Chennouf, tué à Montauban par Mohamed Merah, le 21 mars 2012.
Les militaires du 17e régiment du génie parachutiste lors des funérailles d'Abel Chennouf, tué à Montauban par Mohamed Merah, le 21 mars 2012. (PASCAL PAVANI / AFP)

"Monsieur le président de la République, s'il vous plaît, soyez digne, taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous, s'il vous plaît, (...) laissez mon fils dormir tranquille, laissez les autres enfants dormir tranquille", s'est emporté Albert Chennouf, père d'Abel Chennouf, l'un des militaires tués à Montauban (Tarn-et-Garonne) par Mohamed Merah. Il s'exprimait sur l'antenne de BFMTV mardi 27 mars après les propos de Nicolas Sarkozy sur les "musulmans, en tout cas d'apparence".

"Je ne savais pas qu'il y avait des soldats juifs, musulmans (...). Je croyais qu'il n'y avait que des soldats avec un emblème national", a-t-il dénoncé. Et de demander au chef de l'Etat de "réfléchir à ce qu'il dit : est-ce qu'en disant des conneries, des propos qu'il a tenus hier, il compte glaner quoi, 5, 10, 15 voix à Marine Le Pen ?"

Albert Chennouf a également critiqué l'attitude du père de Mohamed Merah qui a dit vouloir porter plainte contre la France : "Mais ce monstre qui a abandonné un gosse en France pour tuer des innocents, qu'il se terre et qu'il se taise." 

"Musulmans, en tout cas d'apparence"

La veille, invité de France Info, le président Sarkozy a eu cette formule pour évoquer deux victimes de Mohamed Merah : "Deux de nos soldats étaient musulmans, en tout cas d'apparence." Et d'ajouter, pour préciser sa pensée : "Comme l'on dit, la diversité visible."

Les propos avaient fait bondir la famille d'Abel Chennouf. Selon l'avocat de la famille, Me Collard, "la famille de la victime trouve outranciers les propos du président de la République, chef des armées, qui a osé confondre apparence et religion". "Ce sont des militaires français qui ont été assassinés. Aucun d'eux, au moment de sa mort, n'exhibait la croix ou le Coran".