Vidéo Attentats de Toulouse et Montauban : 10 ans après, le discours d'Emmanuel Macron "répare une injustice mémorielle", affirme Elie Korchia

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"Nous n'avions pas conscience que les victimes de mars 2012 étaient restées trop longtemps dans l'angle mort de notre conscience collective", estime le président du Consistoire de France.

Le discours qu'Emmanuel Macron a prononcé dimanche lors de la cérémonie de commémoration organisée à Toulouse 10 ans après les attentats à Toulouse et Montauban "répare une injustice mémorielle", estime Elie Korchia, président du Consistoire de France, l’institution représentative du judaïsme, lundi 21 mars sur franceinfo. Il salue "un discours combatif" de la part du chef de l'État et candidat à sa réélection. Les attentats commis entre le 11 mars et le 19 mars 2012 par Mohamed Merah ont fait sept morts, dont des enfants juifs.

>> TEMOIGNAGE. Affaire Merah : "On ne se rend pas compte de la vie d'après pour les familles" des victimes, lance le plus jeune frère d'Imad Ibn Ziaten

franceinfo : Que retenez-vous du discours d'Emmanuel Macron dimanche à Toulouse ?

Elie Korchia : C'était un discours combatif. Effectivement, je pense que c'est un discours important qui a eu lieu hier. Dix ans après des attentats qui n'avaient pas entraîné une prise de conscience collective de la Nation, je pense que dix ans plus tard hier à Toulouse, c'était un discours très important que nous attendions et qui a été prononcé avec force et vigueur par le président de la République. Effectivement, c'était un moment important d'unité nationale. Et ce discours, pour moi, marque un palier, je l'espère, positif dans la lutte contre l'antisémitisme et contre le rejet de l'autre, puisque ce qui s'est passé il y a dix ans, c'est à la fois le rejet de ce qui porte les valeurs de notre pays, c'est-à-dire les militaires qui défendaient notre liberté et puis des enfants et un papa dans une cour d'école qui représentait la fraternité qu'on a voulu abattre, en tuant des Juifs.

Est-ce que l'on a rattrapé hier, en quelque sorte, ce qui n'avait pas été fait suffisamment il y a dix ans ? En 2012, la réaction de l'opinion publique n'avait pas été au même niveau, par exemple, qu'en 2015, après les tueries de Charlie Hebdo et du 13-Novembre ?

Exactement, c'est ce que j'ai plaidé d'ailleurs dans le procès des attentats de Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher, et à Montrouge il y a un an et demi.

"J'avais dit à ce moment-là, qu'en 2012 la France ne comprenait pas pleinement ce qui se passait. Et effectivement, les attentats de mars 2012, d'abord, c'est l'an zéro du terrorisme qui va tuer en France."

Elie Korchia, président du Consistoire de France

à franceinfo

Et nous n'avions pas conscience que les victimes de mars 2012 étaient restées trop longtemps dans l'angle mort de notre conscience collective. Alors, je crois que le discours de Toulouse d'Emmanuel Macron représente un moment très fort pour notre pays, c'est-à-dire qu'il répare une injustice mémorielle.

Emmanuel Macron évoque un antisémitisme multiforme aujourd'hui en France. Pour vous, quelle forme prend-il aujourd'hui ?

C'est un antisémitisme d'abord qui reste important parce qu'il est porté traditionnellement par l'extrême droite dans notre pays. On le sait très bien depuis longtemps, mais il a été rejoint malheureusement au cours de ces dernières décennies par l'extrême gauche et le président de la République, dans un discours très clair hier, a aussi rappelé que depuis une vingtaine d'années, cet antisémitisme se mêle beaucoup à l'antisionisme. Et ce n'était pas un hasard, d'ailleurs, si hier, à l'invitation du président de la République, le président de l'État d'Israël, Isaac Herzog, était présent hier pour cette pour cette cérémonie émouvante.

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