"Il ne manquait que votre plume dans ce débat" : la réponse ironique d'Eric Dupond-Moretti à Bernard-Henri Lévy

Dans une lettre, l'avocat d'Abdelkader Merah répond aux critiques de l'essayiste.

L\'avocat d\'Abdelkader Merah, Eric Dupond-Moretti, le 2 novembre 2017 à Paris.
L'avocat d'Abdelkader Merah, Eric Dupond-Moretti, le 2 novembre 2017 à Paris. (CHRISTOPHE ENA / AP / SIPA / AP)

"Arbitre des élégances", "'effets chemises Charvet'", "vieille pompe à merde"... Dans une lettre incisive écrite lundi 13 novembre, l'avocat Eric Dupond-Moretti répond aux critiques de Bernard-Henri Lévy. Sur le site de son magazine, La Règle du jeu, l'essayiste avait attaqué l'avocat d'Abdelkader Merah pour ses "excès locutoires", "ses facilités d'épitoge", son "obscénité" et son "accès de vanité" pendant le procès.

La réponse n'a pas tardé. "Il ne manquait que votre plume dans ce débat... et c'est paradoxal, vous avez, avec votre modestie naturelle, comblé ce vide abyssal, ironise d'abord le pénaliste, dans une lettre très reprise sur les réseaux sociaux et dont il a confirmé l'authenticité à franceinfo. Il est presque doux de recevoir des leçons de morale de celui qui, dans tous les domaines, se veut, depuis de trop longues années l'arbitre des élégances."

Et l'avocat de renvoyer Bernard-Henri Lévy à ses "effets chemise Charvet toujours ouvertes et toujours parfaitement blanches" et à son fils, Antonin Lévy, avocat de François Fillon. "Vous démontrez que vous ne connaissez rien aux droits de la défense, posez donc quelques questions à votre fils (que j'ai encensé quand il défendait Fillon)", écrit Eric Dupond-Moretti.

Au passage, l'avocat se moque du philosophe, en lui proposant de relire "les œuvres de Botul qui a beaucoup écrit sur le rôle de l'avocat". Dans l'un de ses livres, BHL avait en effet cité Jean-Baptiste Botul, un philosophe qui n'a jamais existé que dans un canular d'un journaliste du Canard Enchaîné. Mais la formule la plus cinglante vient en conclusion de cette courte lettre : "Le 3 mai 1936, Magritte a écrit au critique Dupierroux qu'il n'était qu''une vieille pompe à merde', je n'ai, hélas ni le talent, ni l'audace de Magritte."